Meilleurs Voeux 2012

ven 6 janvier, 2012

Je voudrais formuler à l’ intention des étudiants, personnels de l’ université, enseignants chercheurs et personnels administratifs mes vœux de réussite, de joie, de succès et bien sûr de santé pour eux, leurs proches et au-delà pour la communauté vivante et dynamique de Paris2.

Des changements à venir

mar 13 décembre, 2011

J’ai reçu un commentaire intéressant. Vous trouverez ma réponse ci-dessous :

Monsieur le Président,

Suite à votre référendum concernant la qualité des cours – pour lequel je vous suis reconnaissant – je me permets de vous faire part de quelques suggestions. Je ne souhaite pas passer par un quelconque syndicat pour revendiquer mes idées car la plupart décrédibilisent complètement la cause étudiante en arrêtant toute activité pour un oui ou pour un non, or il est inutile de répondre aux imperfections par une obstruction de notre économie.

Je suis entré dans cette prestigieuse université en 2008, plein de rêves. Effectivement, nombreuses qualités étaient notoires pour moi telles que la mentalité plus conservatrice et moins encline à l’inactivité d’autres grandes universités.

Pourtant, aujourd’hui, je suis assez désabusé et je ne recommanderais pas à un futur élève de terminale de rentrer à Assas mais de tenter sa chance à l’étranger. Cette université est certainement la meilleure de France en droit, néanmoins, je dirais plutôt qu’il s’agit de la moins mauvaise. Je vais vous exposer les points qui, selon moi, seraient à remettre sérieusement en question.

Tout d’abord, concernant l’enseignement, l’esprit critique qui doit être la qualité essentielle d’un bon juriste ne semble pas admis dans cette maison. Je prendrai pour exemple la notation du professeur de droit des contrats spéciaux en L3, excellent et brillant hormis cet aspect. Ses chargés m’ont expliqué que, pour le partiel, ils disposaient d’une liste de connaissances à réinclure dans le devoir et que le plan ne comptait que pour deux points. L’opération de récitation du cours correspond-elle à l’esprit critique que vous attendez ? La réelle méthode de la dissertation n’est-elle pas l’exposition d’une idée appuyée de connaissances ? L’année dernière, lors de l’examen, j’ai effectué la technique que je pensais être celle de la dissertation en agrémentant mes idées d’arrêts que j’avais lus préalablement mais qui ne figuraient pas dans le cours. J’ai eu 5/20. Vous pourrez juger par vous-même la moyenne d’amphi qui est également ridiculement basse.

Ensuite, il serait judicieux que les professeurs, de manière générale, soient conciliant pour donner leur cours. Suivre un cours que quelqu’un nous dicte mot à mot est une opération scolaire. C’est pourquoi j’ai fait le choix délibéré de ne suivre aucun cours mais de les récupérer – tant bien que mal puisque les professeurs ne facilitent franchement pas la tâche des élèves en ne les publiant pas – pour travailler et faire mes recherches directement dessus, ce qui, à mon avis, est plus pertinent. Les grandes universités telles qu’Oxford ou bien celles américaines (bien meilleures qu’Assas) ne se fondent pas sur un enseignement aussi théorique et rébarbatif. Monsieur le Président, vous qui avez étudié à Yale, vous devriez vous rendre compte qu’Assas ne pourra pas égaler ces universités en incluant aussi peu de pragmatisme. N’ayant pas encore étudié à l’étranger, je m’appuie, entre autres, sur des témoignages d’étudiants d’Oxford en échange dans notre université, qui n’attendent que de pouvoir revenir chez eux, telle est leur déception. Très nombreux sont également les français qui ont été désappointés du droit par ce système, qui comptent s’en aller l’année prochaine ou partent tout simplement en dépression. Je pense que cela devient très inquiétant. Sélectionner les gens sur leur résistance physique me parait être un manque de clairvoyance. Je me permets de critiquer autant car cela est très représentatif de la majorité des étudiants même si ceux-ci ne vous en feront peut être pas part, par manque de courage ou par désespoir par rapport à notre système. Je serais curieux de connaître combien auront osé critiquer ces méthodes d’enseignement. Pour ma part, après m’être remis en question par rapport à ma vocation je conclus que la qualité médiocre de cet enseignement est la cause de mon désarroi et rien d’autre, certainement pas un manque d’intérêt de ma part comme voudrait le montrer la notation très décourageante. Ne vous méprenez pas, je ne demande pas un allègement de la charge de travail mais bien une méthode d’enseignement plus captivante, intéressante et où l’initiative de l’étudiant serait enfin favorisée.

Ce point est plus spécifique mais nécessite tout de même d’être soulevé. Comment se fait-il que l’examen du professeur de droit international public en L3 ait-il changé en cours d’année ? Cet examen sera désormais oral. Quand on choisit une combinaison de matières, j’estime qu’il y a un droit à s’attendre légitimement au fond tant à la forme de l’examen qui avait toujours été convenue écrite jusqu’à présent. 

Puis (et après ce que je viens d’évoquer, ces problèmes pourront paraître comme secondaires) j’ai omis évidemment les questions de l’inefficacité effarante de l’administration d’Assas, les horaires d’ouverture réduits de la bibliothèque, surtout à Assas où c’est plutôt jusqu’à 2h du matin que les étudiants travaillent que jusqu’à 21h, heure de fermeture de la bibliothèque. L’année prochaine je continuerai mes études aux Etats-Unis à cause de toutes ces questions qui m’interpellent sérieusement mais également parce que j’apprécie beaucoup la mentalité américaine. En effet, les américains vivent pour leur job, aiment généralement ce qu’ils font et sont très motivés par leur productivité, qualités qu’il est très très rare de retrouver chez les français. Quelle image vais-je véhiculer d’Assas ainsi que tous ceux qui en partent ? Je m’interroge très sérieusement. 


Enfin, après vous avoir exposé mes idées sur la question, j’aimerais me pencher sur la question majeure des admissions en master 2. Même si cela ne me concerne probablement plus, il est assez affligeant de voir que vous faites entrer des étudiants venant d’autres universités. Un 13 dans une université quelconque ne vaut absolument pas le 13 d’Assas. Il faudrait soit changer complètement le système de notation injustement sévère ou alors établir des correspondances entre vos notes et celles des autres universités. Par exemple, considérer, lors de l’admission en master 2, qu’un 7/20 dans votre université devrait être équivalent à un 15/20 dans telle université car plus faible. Je pense quand même primordial que les élèves qui passent leur licence à Assas puissent avoir l’opportunité de passer leur master 2 à Assas. Dans le cas contraire, il serait admettre que votre licence n’a pas un bon niveau.

J’espère que ces remarques ne me porteront pas préjudice. Vous faites partie, par votre charisme et votre politique, de ces acteurs qui peuvent changer les choses. C’est pourquoi j’ai estimé opportun de recourir à vous. Je vous soutiens entièrement sur le plan de la création d’une élite. Néanmoins, croyez-vous que la sous-notation flagrante d’Assas encouragera cette élite ? Ne serait-il pas plus judicieux d’avouer que le passage dans l’année suivante n’est réservé qu’à un certain pourcentage d’élèves, très scolaires, de chaque promotion ? En effet, sur un plan international, il est très difficile de justifier des dossiers aussi mauvais par la notoriété d’Assas qui n’est malheureusemet peu, voire pas, reconnue à l’étranger. Si je me suis autant impliqué, c’est pour participer, par mon témoignage, à un désir que l’université française, et en particulier Assas, puisse avoir un meilleur rang sur le plan international.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de ma respectueuse considération. 
Un étudiant en droit

Cher Monsieur,

Nous sommes en train d’opérer des changements fondamentaux dans les méthodes d’enseignement, notamment en multipliant les séminaires de méthode et en prévoyant des lieux où les étudiants pourront rencontrer les professeurs.

Tout ceci devrait rendre l’enseignement plus efficace et répondre aux désirs des étudiants.Peut être que vous trouvez que cela ne va pas assez vite ? 

Mais le manque de moyens des universités en est la principale raison.

Cette difficulté est aussi la réponse aux critiques que vous adressez à notre administration ou à notre bibliothèque.

Il est difficile aujourd’hui, vu la masse des étudiants (presque 18000 étudiants à Paris II),  de vous offrir des conditions de travail équivalentes à celle des écoles de droit dont vous parlez : Oxford ou aux Etats-Unis.

 Il  ne faudrait surtout pas que vous sous-estimiez les méthodes d’enseignement françaises, elles ont aussi du bon.

Il me semble qu’il est indispensable de laisser  plus de part à l’imagination juridique mais la  structuration de l’esprit n’est tout de même pas une mauvaise chose. Je m’en suis rendu compte lorsque j’étais sur un campus américain où j’ai pu comparer les deux méthodes d’enseignement.

En France, nous passons plus de temps à structurer le raisonnement qu’ailleurs.

Une structure de raisonnement forte permet souvent d’avoir raison d’un adversaire, ce qui est vital dans le domaine des professions juridiques ou judiciaires.

 En ce qui concerne les admissions en masters 2, la sélection n’est pas automatique à partir d’un niveau de note donné. Les directeurs de masters 2 de Paris II tiennent compte de la différence des notations dans les autres universités.

 Je regrette que vous nous quittiez, si vous décidez de mettre votre plan à exécution, parce qu’Assas change rapidement et les changements que nous réalisons vont dans le sens de vos remarques.

 Louis Vogel

Sept universités placées sous surveillance financière

jeu 1 décembre, 2011

Nuages sur l’autonomie des Universités. Alors que la loi de 2007 (LRU) qui l’organise et la hausse des moyens financiers sont régulièrement mis en avant par l’exécutif, le ministère de l’Enseignement supérieur vient d’annoncer que huit établissements verraient leur budget arrêté par le recteur, en raison de deux déficits de fonctionnement successifs, comme l’oblige un décret financier de 2008. Une annonce qui a semé le trouble et déjà fait l’objet d’un rectificatif. Le ministère a retiré l’université de Nice Sophia-Antipolis.

Restent mis sous surveillance les budgets de l’université Pierre-et-Marie-Curie Paris-VI (UPMC), de Bordeaux-III, de Limoges qui a accusé un déficit de 1 million d’euros en 2009 et de 3 millions en 2010, de Savoie, de Paris-XIII, de l’Insa Rouen et de l’ENS Cachan. Certaines, à l’image de Paris-XIII, négocient pour sortir de cette liste. L’université de Savoie conteste et le président PS de la région Rhône-Alpes, Jean-Jack Queyranne, est monté au créneau pour déplorer « l’actuelle politique d’allocation des moyens [qui] n’est pas à la hauteur des ambitions ».

Dans le même temps, d’autres universités, celles de Bretagne-Sud, de Pau et des Pays de l’Adour, de Nantes, ont, elles, tiré la sonnette d’alarme pour leur budget 2012. Avec, à la clef, des mesures difficiles comme le gel des emplois envisagés en Bretagne ou la baisse des heures complémentaires et de l’offre de formations étudiées à Pau.

Nouvelles normes comptables

Première raison, technique, de ces difficultés : les nouvelles normes comptables qui exigent des changements d’écriture et entraînent des déficits mécaniques. Au-delà, les présidents des universités pointent, dans la gestion de la masse salariale qui leur est dévolue avec l’autonomie, différents facteurs qu’ils ne maîtrisent pas toujours, comme les décisions prises au niveau national (promotion des maîtres de conférences, etc.) ou le vieillissement de leur pyramide des âges. Le ministère relève aussi des politiques d’indemnités parfois mal maîtrisées.
Et s’il a débloqué en octobre 14,5 millions d’euros pour régler les problèmes du glissement vieillesse technicité (GVT) pour 2009 et 2010, la somme ne compense pas, déplorent certaines universités, l’intégralité du problème. La question  du GVT reste à régler pour les années à venir. L’occasion, pour les présidents, de souligner des budgets qui n’ont pas été à la hauteur attendue, à partir de 2010, même si le ministère met en avant une hausse moyenne de 23 % depuis 2007 des dépenses du fonctionnement des universités.

« Nous n’avons pas les moyens de l’autonomie. Notre situation est similaire à celle des collectivités, qui se sont vu transférer des charges, mais sans les moyens adaptés », déplore le président de Bordeaux-III, Patrice Brun. « L’autonomie, nous y croyons toujours, défend Yves Lecointe, président de l’université de Nantes, mais avec des bémols. Ce qui est dommageable, c’est que nous avons désormais une politique d’austérité au niveau de l’Etat qui ne dit pas son nom, et c’est nous qui devons faire des restrictions. »Le Snesup-FSU y voit, lui, « l’échec de la loi LRU » et demande plus de transparence dans la répartition des moyens. Un « comité des pairs » a été mis en place entre le ministère, la Conférence des présidents d’université (CPU) et les rectorats pour régler ce dossier, qui sera au cœur de la répartition des moyens, attendue début 2012. Hier, le SGEN-CFDT, qui a soutenu la réforme, a demandé au gouvernement une rallonge de 150 millions d’euros d’ici à fin 2011, sous peine de « mettre à mal le principe de l’autonomie »
Interview de Louis Vogel

« Il manque de l’argent pour faire face aux nouvelles exigences de l’autonomie »

Louis Vogel, président de la Conférence des présidents d’université (CPU), président de l’université Paris-II Panthéon-Assas ainsi que du pôle de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) Sorbonne Universités distingue différentes causes, parfois strictement techniques, dans les difficultés des universités à présenter des budgets en équilibre, mais demande à l’Etat de poursuivre l’effort financier.

Le gouvernement met en avant les moyens donnés aux universités, mais annonce des budgets mis sous surveillance. Que se passe-t-il ?

Il faudrait d’abord le plus vite possible stabiliser la situation. La communication du ministère de l’Enseignement supérieur va dans tous les sens. Le ministère annonce huit universités dont le budget est arrêté par le recteur, puis sept… C’est extrêmement grave. Il est très inquiétant pour un président d’université de se voir cité comme étant en difficulté financière. Après, quand une université présente deux budgets consécutifs en déficit, il est arrêté par le recteur. C’est une mesure administrative, la simple application de la loi, sur le même principe que les collectivités avec le préfet.

Quelle est l’origine de ces déficits ?

Les raisons sont très différentes d’une université à l’autre et peuvent se cumuler. Dans de nombreux cas d’abord, il y a des déficits techniques, car, avec l’autonomie, les règles comptables ont changé. Nous n’inscrivons plus de la même façon les frais d’inscription, nous devons amortir, ce que nous ne faisions pas. Mais nous ne sommes pas en faillite ! Cela se régularise. Ensuite, en passant à l’autonomie, nous n’en avons pas bien calculé tous les coûts. Quand le ministère prend une mesure sur le traitement des maîtres de conférences, cela coûte plus cher, mais n’est pas prévu dans notre budget. Même chose avec le glissement vieillesse technicité, quand leur population vieillit, les universités n’y peuvent rien. Troisième cause, avec le passage à l’autonomie, certaines universités ont beaucoup perdu, elles avaient des postes vacants qui ont été remplacés forfaitairement, et cela, pas à la hauteur du poste. Et puis l’autonomie exige de nouvelles fonctions comme le contrôle de gestion, les systèmes d’information, qui coûtent cher. Enfin, les universités ont aussi réalisé des rattrapages dans leur politique indemnitaire, mais nous ne disposons pas de tous les instruments pour avoir une véritable visibilité. L’autonomie a un certain nombre de conséquences financières. Les présidents d’université ne sont pas devenus fous. Il manque de l’argent pour y faire face.

Des universités gèlent des postes ou ferment des formations. N’y a-t-il pas un risque de baisse de la qualité ?

Il est toujours très ennuyeux de geler des postes. Cela portera atteinte à la qualité si l’on continue dans cette direction. Il faut très vite, pour éviter ce problème, mettre en place un dialogue entre la CPU et le ministère. Nous avons commencé, à notre initiative, avec un comité des pairs, pour identifier les causes, proposer des remèdes et mettre en place des indicateurs pour avoir enfin de la visibilité. Et il faudra que l’Etat poursuive son effort financier. Nous dépendons à 80 % de ses ressources.

Cela ne remet-il pas en question l’autonomie des universités ?

On pourrait le penser. Mais ce n’est pas vraiment l’autonomie comme principe qui est remise en question. C’est une bonne chose. Ce sont ses modalités, qu’il faut améliorer. De mauvaises modalités peuvent tuer un bon principe. Cette affaire a été traitée un peu selon le dicton : « l’intendance suivra ». Non, l’intendance ne suivra pas ! La société française doit être prête à mettre de l’argent dans ses universités, c’est aussi un moyen de lutter contre la crise. Il ne faut pas nous laisser au milieu du gué. De l’argent est arrivé, mais ce n’est pas suffisant. Il faut affronter les nouvelles dépenses de l’autonomie ou alors il ne fallait pas commencer.

PROPOS RECUEILLIS PAR ISABELLE FICEK

Les Echos, 29 novembre 2011

Débat « Universités et Grandes Ecoles » au premier club des Juniors Entreprises

dim 20 novembre, 2011

Hôtel Lutétia, le 17 novembre 2011

Monsieur Vogel, vous êtes président de la Conférence des présidents d’université, pouvez-vous nous présenter rapidement la Conférence des Président d’Université et vos missions ?

  • La CPU, créée en 1971 (elle fête cette année ses 40 ans) rassemble les responsables des universités, des universités de technologie, des instituts nationaux polytechniques, des écoles normales supérieures et des grands établissements).
  • Son rôle est de représenter et défendre les intérêts des 109 établissements qu’elle regroupe.
  • Elle est un acteur du débat public sur toutes les questions universitaires, elle est force de proposition et de négociation auprès des pouvoirs publics, des différents réseaux de l’enseignement supérieur et de la recherche, des partenaires économiques et sociaux et des institutions nationales et internationales.
  • Dans ce contexte de profonde mutation de l’enseignement  supérieur et de la recherche, la CPU a un rôle important à jouer dans la promotion de l’Université française et de ses valeurs.
  • Ses principaux domaines d’intervention et de réflexion portent sur :

-        Les relations avec les organismes de recherche, les projets ANR, consortia et plateformes scientifiques,

-        La formation tout au long de la vie et l’insertion professionnelle des diplômés de la licence au doctorat

-        Les coopérations entre établissements, nouveaux ensembles universitaires….

 -       Le pilotage de programme de mobilité internationale

-        La concertation avec les élus, les collectivités territoriales 

-        La politique contractuelle et d’évaluation

-        Le modèle d’allocation des moyens aux universités

-        La gestion des finances et du patrimoine

-        La gestion des ressources humaines. 

  • En fait, elle intervient sur tous les champs qui concernent l’activité de ses membres.
  • Ses modes d’action : participation aux différents groupes de travail interministériels : formation, pilotage, santé…., rédaction de conventions de partenariat, organisation de séminaires et colloques.
  • Plusieurs de ces colloques ont d’ailleurs porté sur les sujets que vous vous proposez d’évoquer aujourd’hui et dont les conclusions ont très souvent fait date, les questions posées étaient tabous et bousculaient quelque peu les mentalités : pour n’en citer que quelques uns : Lille 2001 : autonomie des Universités, Bordeaux 2004 : l’avenir de la recherche publique, Lyon 2005 : l’université acteur majeur dans l’Europe des formations supérieures, Metz 2007 : l’ Université est une chance saisissons-là, Nancy 2010 : doctorat, doctorants et docteurs…..
  • Quant au thème traité ce jour, en 2000 déjà, la CPU co-organisait  avec la direction de la technologie  (ministère en charge de la recherche) et la CDC  une rencontre portant sur l’entrepreneuriat étudiant.
  • Cette journée a permis de mettre en exergue l’important dynamisme des universités dans ce domaine….. 

Monsieur Vogel, les Grandes Ecoles doivent-elle recruter davantage d’étudiants venant des voies parallèles, en particulier d’universités ?

  • Avant de répondre à cette question je voudrais préciser que beaucoup d’écoles sont des composantes universitaires  ou sont rattachées à des universités (écoles d’ingénieur, écoles de management) donc le débat écoles/universités doit tenir compte de cette réalité. Sans compter l’intégration des écoles aux PRES qui a tendance à faire bouger les frontières.
  • Un exemple, sur plus de deux cents écoles d’ingénieur, plus d’une centaine sont des écoles universitaires. 
  • Depuis très longtemps  une partie significative du recrutement des écoles se fait « par la voie parallèle ».
  • Déjà le CEREQ  en 2004 en s’appuyant sur les chiffres de la génération 1998 interrogeait et concluait  à la nécessaire diversification des voies de recrutement sous la rubrique « Cela vaut-il la peine de faire une prépa ?  Une réponse à partir de l’insertion des ingénieurs ».
  • Et l’on apprenait dans cette étude que plus de la moitié des élèves ingénieur ne provenaient pas des classes préparatoires mais des DEUG, des DUT, des BTS. Avec le développement des prépas intégrées cette situation s’est confirmée et a vocation à se développer.
  • Ce sur quoi il est surtout important d’insister c’est que partout dans le monde, il est reconnu que les universités, par la place unique qu’elles occupent dans la production de nouvelles connaissances, la transmission et l’appropriation de ces connaissances à travers l’éducation et la formation, leur diffusion et leur valorisation, sont des acteurs incontournables pour le développement de l’économie de la connaissance.
  • Que cette mission est commune  à celle de nombreux autres acteurs et qu’il faut tendre à la convergence et non à la concurrence.
  • C’est en favorisant les échanges par le biais de passerelles, en renforçant les liens entre diverses institutions que l’on pourra s’enrichir  des apports et des atouts respectifs.

 Monsieur Vogel, les universités ont-elles vraiment été dépoussiérées avec les réformes depuis 2007 comme l’affirme Laurent Wauquiez ?

  • Depuis 2007, les universités ont pu accéder aux  responsabilités et compétences élargies.
  • Cette « plus grande autonomie » déjà revendiquée  lors du colloque de la CPU de Lille de 2001 et qui au fil des années « a fait son chemin » s’est effectivement concrétisée dans la loi de 2007.
  • Il était en effet important que les universités françaises puissent disposer d’outils comparables à ceux dont disposent déjà depuis plusieurs années leurs homologues étrangères.
  • Effectivement le modèle de l’université « où les professeurs pratiquent en parallèle l’enseignement et la recherche et où la réflexion personnelle de l’étudiant est encouragée », qui est le modèle qui correspond à nos valeurs, nécessitait qu’on lui laisse la possibilité de plus se responsabiliser et qu’en contrepartie elle rende des comptes.
  • C’est ainsi que la loi de 2007 a permis, non pas de « dépoussiérer » l’université, car l’université n’était pas plus à « dépoussiérer » que la plupart des autres institutions, mais d’accroître son efficience  en pouvant bénéficier d’une gouvernance assouplie (renforcement des conseils), d’une dotation globale, d’une gestion plus souple des crédits, d’une possibilité d’autonomie de gestion immobilière, d’une plus grande liberté dans la gestion de ses ressources humaines.
  • C’est en pariant sur l’autonomie que les universités ont l’ambition  d’être plus performantes au regard de ses nombreux atouts. 

Monsieur Vogel, pensez-vous qu’une modification de l’orientation scolaire serait la clef du changement ? Par exemple en poussant les bons élèves vers l’université à la fin du lycée plutôt que vers les prépa ?

  • Quel que soit l’endroit vers lequel l’élève, le lycéen se dirige, il est important qu’il en ait fait le choix en toute connaissance de cause et selon ses capacités.
  • L’un des moyens pour parvenir à ce libre choix est de pouvoir bénéficier d’une information fiable. L’orientation est effectivement un élément clé car elle conditionne le devenir personnel et professionnel des jeunes.
  • La CPU estime que le sujet de l’orientation est primordial, il a encore fait l’objet de ses réflexions et propositions lors du dernier colloque de la CPU à Toulouse en mai 2011.
  • L’une des orientations proposée à l’issue de ce colloque était : de  « Rendre plus attractive la licence universitaire et la placer au cœur du dispositif de formation supérieure.
  • Pour ce faire la CPU a proposé de concevoir le passage du lycée aux études supérieures comme un continuum.
  • Ce qui signifie que l’entrée dans le supérieur ne doit pas être considérée comme une rupture mais plutôt comme un continuum d’études.
  • Pour réaliser ce continuum, il a semblé important d’associer les acteurs du secondaire et du supérieur tant au moment de la conception des programmes que de l’orientation des élèves.
  • Car seul un travail entre acteurs de tous niveaux garantira une meilleure orientation et une meilleure prise en considération des acquis et niveaux des lycéens.
  • De même que la notion de continuum traduit une ambition plus haute que la notion de transition secondaire/supérieur, la notion d’orientation mérite d’être densifiée au-delà de sa seule dimension d’information.
  • Il est en effet préférable de concevoir l’orientation tout au long du parcours éducatif  du bac -3 au bac + 3, voire même après.
  • Le positionnement de l’orientation, le plus tôt possible, dans le cadre de parcours de formation cohérents, devrait en effet limiter le déterminisme social qui préside actuellement à la répartition des élèves entre les filières professionnelles, technologiques et générales.
  • Le développement d’une information et orientation de qualité,  fondées sur des procédures d’anticipation et d’auto-évaluation telles que l’élaboration de projet personnel et professionnel, bilans de compétences dans le cadre de projets d’études, l’insertion dans les cursus du secondaire des Parcours de découverte Métiers – Formation, relèvent de dispositifs qui permettent d’assurer un meilleur accompagnement des élèves et des futurs étudiants. 
  • Quant à l’idée que vous évoquez  de poussez « les bons élèves vers l’université à la fin du lycée plutôt que vers les prépa », je préfère évoquer celle « de libre choix » des élèves en toute connaissance de cause.
  • A ces efforts à mener en termes d’information, il faudra ajouter les efforts à mener afin de rendre plus lisible l’ensemble des dispositifs de formation, de réaffirmer les atouts d’une formation universitaire, mais aussi d’offrir des parcours de formation adaptés à chaque public, à son cursus antérieur et  à son projet d’études.  
  • Offrir ce catalogue de parcours possibles selon les souhaits et capacités individuels des étudiants et pour répondre aux attentes de publics diversifiés est  nécessaire,  à la fois pour faire profiter les bons élèves des atouts de l’université et pour mieux suivre les publics les plus fragiles.
  • Ce que l’université doit faire c’est faire savoir ce qu’elle est capable de faire et ce qu’elle fait déjà.
  • Elle a toujours attiré les bons étudiants en médecine, elle est capable d’attirer les bons étudiants dans toutes ses autres filières, de bien les former et de les insérer.
  • Effectivement, l’orientation ne doit pas être « biaisée ».

Quelle est la place de l’université dans notre pays aujourd’hui ?

lun 7 novembre, 2011

Je souhaite organiser prochainement et en petit comité un déjeuner débat sur ce thème .  Si vous souhaitez y participer,  merci de me préciser vos coordonnées et votre situation (étudiant, parent, administratif, professionnel…).

Avocat d’affaires… un métier qui fait rêver !

mer 2 novembre, 2011

Dans l’imaginaire des étudiants, le lawyer est davantage rattaché au droit des affaires qu’au droit de la famille. C’est un peu l’équivalent du trader ! Les grands cabinets anglo-saxons et le Barreau de New-York font rêver les futurs avocats.Or, le chemin pour devenir avocat est semé d’embûches et requiert de la persévérance. Les cabinets d’affaires attendent de la part de leurs collaborateurs qu’ils soient titulaires du CAPA et aient effectué un excellent cursus en droit, complété par une formation en école de commerce, IEP ou par un LLM (Master of Laws).
Un tel parcours est devenu une norme. Pourtant, multiplier les diplômes n’est ni une obligation, ni le gage d’être sélectionné. Un employeur sera plus impressionné par un candidat qui a obtenu un seul diplôme avec mention bien ou très bien dans une excellente université que par un candidat qui a accumulé les diplômes sans jamais être distingué.

Pourquoi une telle exigence ?
Pendant longtemps, les facultés de droit ont dispensé des enseignements exclusivement juridiques, dans un cadre national. Les cabinets – à dominante internationale – ont donc imposé à leurs futurs collaborateurs de compléter un cursus qu’ils jugeaient insuffisant. Cette tendance a été interprétée par les facultés françaises comme un signal d’alarme, et elles s’attachent depuis à élargir leurs enseignements à la gestion ou encore à la finance, et à dispenser des cours de droit en anglais, dès la licence. Les cabinets d’affaires prennent progressivement conscience que les étudiants d’une université comme Panthéon-Assas bénéficient d’une formation très complète, éventuellement en partenariat avec une université étrangère ou une grande école de commnerce.Par ailleurs, outre l’aspect formation, les employeurs apprécient les diplômés d’écoles de commerce pour le réseau qu’ils peuvent leur apporter. Les universités ont compris l’importance de ces réseaux d’anciens et commencent à mettre en place leurs propres annuaires. Vaste programme  !

Choix du cabinet: une question d’image
En France, un tiers des cabinets sont anglo-saxons, un tiers sont des filiales juridiques d’auditeurs et le tiers restant (en baisse chaque année) sont français.Il est donc possible d’exercer la profession d’avocat dans des cadres très différents. Tous les cabinets produisent des images qui sont 1e fruit de l’ambiance qui y règne, des méthodes de travail qu’ils emploient et des stratégies qu’ils ont adoptées. Aujourd’hui, les jeunes avocats recherchent des ambiances et attachent de l’importance à 1a qualité des conditions de travail. Le cabinet est-il recherché, effectue-t-il ou non des recrutements latéraux, de l’ »abattage »… ? Ils ne se fondent plus, comme c’était le cas il y a quelques armées, seulement sur rémunération. Les nouveaux comportements semblent plus sophistiqués. Les jeunes privilégient davantage la qualité et 1a valorisation par 1e travail, et recherchent un équilibre entre leur vie privée et leur vie professionnelle.

Le duo gagnant
On peut faire du droit des sans être stressé et sans obligé de travailler le week-end. Un bon avocat ne sera pas jugé sur la quantité de son travail mais sur la qualité. Face aux Anglo-Saxons, les avocats fiançais une qualité essentielle : l’inventivité. Bricoleurs, ils sont capables de trouver des solutions que les autres ne trouveront jamais. L’idéal est de conserver ce côté inventif, qui sort un peu des ornières, et d’y ajouter l’organisation anglo-saxonne. L’avocat qui parvient à réaliser cette combinaison s’ouvre à une carrière des plus admirables.

La crise, toujours présente…
Certains domaines du droit, tels que les fusions-acquisitions, ont beaucoup souffert de la crise financière. A contrario, d’autres domaines, parfois moins connus, tels que le droit public économique et le droit du développement durable, présentent de réelles opportunités.Il est préférable d’éviter de s’orienter vers les domaines « classiques » qui croulent sous les candidatures. À d’exemple, le droit de la concurrence arrive à saturation et présente peu de débouchés. Pour apprendre à sentir le marché et repérer les opportunités sous-jacentes, il est recommandé de multiplier les stages, de se rendre sur les job fairs pour se renseigner sur ce qu’attendent les cabinets et les entreprises, et de se tenir informé des évolutions en lisant la presse.

Assas a accueilli le colloque « 15 ans de réforme des universités : quels acquis, quels défis ? » organisé par l’Institut Montaigne au cours duquel le Président de la République Nicolas Sarkozy a fait le point des réformes en cours. Laurent Wauquiez, Claude Allègre, Jean-François Copé et Jack Lang sont également intervenus.

ven 7 octobre, 2011

  L’autonomie se définit en trois mots : confiance, adaptation et initiative.

-    confiance faite aux universités pour qu’elles se développent et adoptent des stratégies propres,

-     adaptation des formations aux besoins et à la demande des étudiants,

-      initiative des universités pour mener des politiques dynamiques face à nos concurrents étrangers et face aux grandes écoles.

Universités et entreprises

lun 19 septembre, 2011

Il est absolument indispensable, dans une économie de la connaissance, que les cloisonnements traditionnels tombent et que les universités et entreprises coopèrent.

Entreprises et universités n’ont jamais été complètement étrangères les unes aux autres : des actions déjà anciennes comme les IAE ou les IUT, qui sont partie prenante de la dynamique de nos universités, le démontrent.

Aujourd’hui, la coopération est plus indispensable que jamais : les transferts d’innovation doivent se faire depuis nos laboratoires de recherche ; les entreprises doivent rejoindre nos campus; et les start-up doivent essaimer à partir d’eux comme cela se passe dans tous les pays développés.

Ne soyez pas surpris si je ne réponds pas aux demandes administratives

ven 9 septembre, 2011

Je comprends parfaitement votre inquiétude au moment de votre inscription et les difficultés administratives auxquelles vous pouvez parfois vous heurter. Ce blog est un forum d’échange d’idées et ne saurait être un moyen de traiter toutes vos demandes individuelles. Je les transmets donc aux services administratifs concernés.