Budget des universités : encore un effort !

jeu 24 mars, 2011

Depuis quelques jours, Valérie Pécresse, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, s’oppose vivement au secrétaire national du PS pour l’enseignement supérieur et la recherche, Bertrand Monthubert.

Selon la ministre, « depuis 2007, les hausses du budget atteignent 22 % pour les universités, 21 % pour l’Inserm [...], 14 % pour le CNRS », « en cinq années à peine, l’université et la recherche françaises auront rattrapé leur retard avec 9 milliards d’euros supplémentaires », les universités toucheront « 270 millions d’intérêts de la dotation de 5 milliards consacrée à l’opération Campus » et la recherche française augmentera considérablement « grâce au triplement du crédit impôt recherche ».

Selon le secrétaire national du PS, « en 2011, le budget du CNRS va baisser », la « situation [des universités] est préoccupante », les « sommes [du plan Campus et du Grand Emprunt] sont faibles une fois ramenées à une dotation annuelle, soit moins de 1 milliard d’euros », et « l’efficacité [du crédit impôt recherche] n’a toujours pas été démontrée ».

Qui croire ? Comment s’y retrouver dans ce dédale de chiffres et d’arguments ?

La Conférence des présidents d’université a analysé objectivement les données disponibles.

La ministre a raison : si l’on inclut le crédit impôt recherche dans le décompte, l’objectif d’accroissement de 9 milliards d’euros est presque atteint. Sur la période 2008-2011, l’enseignement supérieur a bénéficié d’une augmentation de ses crédits sans précédent : + 3,1 milliards. Mais, dans la plupart des cas, l’augmentation de ces crédits n’est pas perceptible (augmentation des charges de personnels) ou ne produira ses effets qu’à moyen ou long terme (opération Campus, partenariats public-privé, dépenses immobilières…). De là, le décalage entre les crédits effectivement perçus par les universités et les montants sur lesquels le ministère communique en additionnant les milliards, y compris ceux de l’emprunt national.

Le secrétaire national du PS n’a pas tort : sur les deux années 2011-2012, les crédits budgétaires stagneront en volume pour l’enseignement supérieur et diminueront pour la recherche. Les crédits de la partie enseignement supérieur augmentent en effet en 2011 de 196 millions d’euros en crédits de paiement, soit une progression de 1,4 %, alors que l’hypothèse d’inflation retenue pour la construction du budget 2011, probablement sous-estimée, s’élève à 1,5 %. En euros constants, les crédits baissent donc légèrement.

Les crédits pour la recherche augmentent de 230 millions d’euros en crédits de paiement. Toutefois, cette augmentation, purement comptable, s’explique par la budgétisation des dividendes d’Areva, directement versés avant 2011 au CEA sans transiter par le budget de l’Etat. A périmètre constant, le budget de la recherche diminue donc de 20 millions d’euros en crédits de paiement.

Le crédit impôt recherche, qui autorise une déduction fiscale de la base de l’impôt sur les sociétés, a explosé depuis sa réforme en 2008 : selon le ministère, il est passé de 1,7 milliard d’euros en 2007 à 5,1 milliards en 2012. Mais il ne rend pas compte de l’effort supplémentaire de recherche de notre pays, puisqu’il est désormais entièrement assis, non sur l’augmentation des dépenses de recherche, mais sur leur volume. Peut- être les entreprises auraient-elles de toute façon procédé à une grande partie de ces dépenses et se contentent- elles, en réalité, de bénéficier d’un effet d’aubaine ?

Malgré les efforts accomplis, indéniables, notre pays n’a pas encore rattrapé son retard : il consacre encore au financement de la recherche, et surtout de l’enseignement supérieur, une part de son PIB plus faible que celle des autres pays de niveau économique comparable. Si nous voulons poursuivre notre développement, affronter la compétition internationale, construire une véritable société de la connaissance et redonner espoir à notre jeunesse, nous devons non seulement continuer notre effort, mais même l’accroître significativement. Dépassons les batailles de chiffres et continuons de moderniser l’enseignement supérieur, mais en y associant de façon plus étroite les universités. L’investissement pour les grands projets ne peut se faire au détriment du fonctionnement actuel de l’université, que le budget 2011 ne couvre pas entièrement. Les grands projets de recherche dans le domaine

scientifique ne doivent pas faire oublier que la formation de tous les étudiants demeure l’une de nos missions fondamentales, que l’université se décline sur un territoire et que sa diversité conditionne sa réussite.

Depuis quelques jours, Valérie Pécresse, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, s’oppose vivement au secrétaire national du PS pour l’enseignement supérieur et la recherche, Bertrand Monthubert.Selon la ministre, « depuis 2007, les hausses du budget atteignent 22 % pour les universités, 21 % pour l’Inserm [...], 14 % pour le CNRS », « en cinq années à peine, l’université et la recherche françaises auront rattrapé leur retard avec 9 milliards d’euros supplémentaires », les universités toucheront « 270 millions d’intérêts de la dotation de 5 milliards consacrée à l’opération Campus » et la recherche française augmentera considérablement « grâce au triplement du crédit impôt recherche ».Selon le secrétaire national du PS, « en 2011, le budget du CNRS va baisser », la « situation [des universités] est préoccupante », les « sommes [du plan Campus et du Grand Emprunt] sont faibles une fois ramenées à une dotation annuelle, soit moins de 1 milliard d’euros », et « l’efficacité [du crédit impôt recherche] n’a toujours pas été démontrée ».

Qui croire ? Comment s’y retrouver dans ce dédale de chiffres et d’arguments ?

La Conférence des présidents d’université a analysé objectivement les données disponibles.

La ministre a raison : si l’on inclut le crédit impôt recherche dans le décompte, l’objectif d’accroissement de 9 milliards d’euros est presque atteint. Sur la période 2008-2011, l’enseignement supérieur a bénéficié d’une augmentation de ses crédits sans précédent : + 3,1 milliards. Mais, dans la plupart des cas, l’augmentation de ces crédits n’est pas perceptible (augmentation des charges de personnels) ou ne produira ses effets qu’à moyen ou long terme (opération Campus, partenariats public-privé, dépenses immobilières…). De là, le décalage entre les crédits effectivement perçus par les universités et les montants sur lesquels le ministère communique en additionnant les milliards, y compris ceux de l’emprunt national.

Le secrétaire national du PS n’a pas tort : sur les deux années 2011-2012, les crédits budgétaires stagneront en volume pour l’enseignement supérieur et diminueront pour la recherche.

Les crédits de la partie enseignement supérieur augmentent en effet en 2011 de 196 millions d’euros en crédits de paiement, soit une progression de 1,4 %, alors que l’hypothèse d’inflation retenue pour la construction du budget 2011, probablement sous-estimée, s’élève à 1,5 %. En euros constants, les crédits baissent donc légèrement.Les crédits pour la recherche augmentent de 230 millions d’euros en crédits de paiement. Toutefois, cette augmentation, purement comptable, s’explique par la budgétisation des dividendes d’Areva, directement versés avant 2011 au CEA sans transiter par le budget de l’Etat. A périmètre constant, le budget de la recherche diminue donc de 20 millions d’euros en crédits de paiement.

Le crédit impôt recherche, qui autorise une déduction fiscale de la base de l’impôt sur les sociétés, a explosé depuis sa réforme en 2008 : selon le ministère, il est passé de 1,7 milliard d’euros en 2007 à 5,1 milliards en 2012. Mais il ne rend pas compte de l’effort supplémentaire de recherche de notre pays, puisqu’il est désormais entièrement assis, non sur l’augmentation des dépenses de recherche, mais sur leur volume. Peut- être les entreprises auraient-elles de toute façon procédé à une grande partie de ces dépenses et se contentent- elles, en réalité, de bénéficier d’un effet d’aubaine ?

Malgré les efforts accomplis, indéniables, notre pays n’a pas encore rattrapé son retard : il consacre encore au financement de la recherche, et surtout de l’enseignement supérieur, une part de son PIB plus faible que celle des autres pays de niveau économique comparable. Si nous voulons poursuivre notre développement, affronter la compétition internationale, construire une véritable société de la connaissance et redonner espoir à notre jeunesse, nous devons non seulement continuer notre effort, mais même l’accroître significativement. Dépassons les batailles de chiffres et continuons de moderniser l’enseignement supérieur, mais en y associant de façon plus étroite les universités. L’investissement pour les grands projets ne peut se faire au détriment du fonctionnement actuel de l’université, que le budget 2011 ne couvre pas entièrement. Les grands projets de recherche dans le domainescientifique ne doivent pas faire oublier que la formation de tous les étudiants demeure l’une de nos missions fondamentales, que l’université se décline sur un territoire et que sa diversité conditionne sa réussite.

Une Job Fair réussie en 2011

lun 21 mars, 2011

L’occasion pour les jeunes diplômés d’Assas et de plus d’une trentaine d’universités, de rencontrer une cinquantaine d’entreprises et cabinets d’avocats.

Organisée par le BAIP d’Assas en partenariat avec Le Monde, Equiteam, ETS Global et PPR (Pinault Printemps Redoute) et avec le soutien de la Conférence des doyens des facultés de droit, la Job Fair a été l’occasion pour les jeunes diplômés d’Assas et de plus d’une trentaine d’universités, de rencontrer, lors d’entretiens individuels, une cinquantaine d’entreprises et cabinets d’avocats.

Le succès de la formule « Job Fair » ne se dément pas !
Ce 10 mars, dans le cadre historique du Palais Brongniart, une cinquantaine de professionnels étaient présents : cabinets d’avocats anglo-saxons et français, entreprises. Disposant chacun d’un stand, responsables des ressources humaines et avocats ont fait passer des entretiens individuels à partir de rendez-vous préalablement organisés.
Après quelques heures d’écoute et de conseils, les recruteurs se sont dits globalement « très satisfaits des connaissances et du savoir-faire juridiques des diplômés d’Assas ». Ils ont souligné l’importance de s’exprimer parfaitement en anglais, voire de maîtriser également une autre langue.

Ouverte aux diplômés de master et de doctorat en droit, économie, gestion, et médias de l’université Panthéon-Assas et des autres universités françaises, la Job Fair d’Assas 2011 est un élément fondamental et indispensable de la mission d’insertion professionnelle.

Aujourd’hui, il n’est plus temps d’attendre : il faut réformer les études de droit à l’Université.

ven 11 mars, 2011

Alors, faut-il créer des grandes Ecole de droit à l’extérieur de l’Université à l’instar de ce qu’envisageait le rapport Darrois dans sa première version ? Je ne le pense pas. Parce que malgré les apparences, si on lui en donne les moyens et si on l’organise correctement, l’Université est à mon avis le modèle d’avenir. Dans tout les pays du monde, ce sont les Universités qui forment les juristes. Le modèle de la grande Ecole n’existe pas ailleurs qu’en France : c’est véritablement une exception franco-française qui n’a aucune visibilité internationale :

-          parce que trop petite ;

-          parce que pas assez tournée vers la recherche ;

-          parce que produisant insuffisamment de publications ;

-          et ne formant pas ou trop peu de docteurs.

Polytechnique, notre champion national, est classé au-delà de la 200è place au classement de Shangaï, alors que la première université française, Paris 6, avec ses faibles moyens, arrive à la 39è place.

Ce qu’il faut, c’est changer l’organisation des études à l’Université pour les rendre à la fois plus attractives, et plus professionnelles. Nous avons commencé à le faire à Assas.

Par exemple avec le Collège de droit. Le Collège  de droit recrute sur dossier les étudiants avec une mention Très Bien au bac, sur dossier car il ne suffit pas d’avoir une mention Très Bien pour être fait pour le droit, ainsi que des étudiants avec mention bien passe après qu’ils aient passé des tests de logique juridique, à l’instar du LSAT des universités américaines.

Les étudiants du Collège de droit suivent les cours de droit avec les autres, mais assistent dès la première année à des cours supplémentaires qui sont organisés selon 3 filières :

-          le parcours international, avec des cours souvent en langue anglaise sur les droits étrangers et le droit comparé ;

-          le parcours économie/gestion, avec des cours de micro-économie, de gestion, de comptabilité, d’analyse économique du droit ;

-          le parcours fondamentaux du droit, avec des cours de philosophie, de sociologie, d’histoire.

Tous ces cours sont donnés en petits séminaires, sur un monde interactif, avec les plus grands professeurs d’Assas. Mais le Collège d’Assas reste l’Université. Il n’y a pas de bachotage. Ce sont des cours de réflexion, d’analyse critique, qui cherchent à éveiller l’intelligence et la libre appréciation, à donner du recul, à sortir de la  technique. Il faut travailler en permanence, rien n’est jamais acquis, comme dans la vie réelle. Si on n’a pas 13 de moyenne, on repasse dans le parcours normal, et à tout moment, les bons étudiants du parcours normal peuvent entrer dans le Collège de droit. Le Collège de droit, qui dure 3 ans, donne droit à un Diplôme particulier qui permet d’entrer à l’Ecole de droit d’Assas, qui dure 2 ans, en M1 et M2 avec le même principe d’organisation et un enseignement entièrement fondé sur les mises en situation et les études de cas.

Le parcours normal a été réformé également. A Assas, l’anglais a été rendu obligatoire dès la première année.

On a ouvert des ateliers de professionnalisation dès la première année pour que les étudiants rencontrent des professionnels du droit qui leur font faire des exercices réels, réaliser des études de cas, suivre des cours de déontologie. Nous avons aussi ouvert une Maison du droit, au niveau M1, qui permet à des étudiants encadrés par des avocats de donner des conseils gratuits à des clients venus de l’extérieur. Et nous avons créé un concours de plaidoirie qui après toute une série d’éliminatoires, se termine devant un jury présidé par le Premier président de la Cour de la cassation.

Tout ceci est intégré au cursus des étudiants, c’est-à-dire que ces exercices comptent dans leurs notes.

Un autre parcours différencié s’adresse cette fois-ci aux étudiants en difficulté, qui n’ont pas les moyens culturels d’affronter des études à Assas. C’est le parcours Réussite. Il concerne la première année. Là, la méthode est inverse. On a supprimé

3 cours de droit pour leur substituer des cours de culture générale, de méthode, de français, expression orale et écrite, des tutorats, afin de remettre ces étudiants à niveau.

La première année, il y avait 120 inscrits dans ce programme, comme pour le Collège de droit.

La deuxième année, il y en a 200 et le taux de réussite, à profil égal, est supérieur de 30% au parcours normal.

L’avenir des études de droit, c’est donc bien l’Université. En réalité, il faut créer au sein de grandes universités globales, des Ecoles de droit rénovées, résolument modernes. C’est l’objectif du PRES Sorbonne Universités, que nous avons créé, puisque ce PRES a le format  d’une université globale aux standards mondiaux. Paris 2 représente l’Ecole de droit et de sciences sociales, Paris 4 l’Ecole de lettres et d’humanité et Paris 6, l’Ecole des sciences et de médecine. Ce PRES a été créé selon une logique de complémentarité : il n’y a aucune superposition d’actifs entre nous. Il a également été conçu dans le but de faire revenir les grandes écoles, elles-aussi complémentaires, au sein des universités.

Les grandes écoles juridiques et de sciences sociales qui ont rejoints sont :

-          l’ENM, l’Ecole Nationale de la Magistrature ;

-          L’Ecole du Barreau ;

-          L’Ecole du Notariat ;

-          L’Ecole des Officiers de la Gendarmerie Nationale ;

-          L’Ecole des Commissaires de police de Lyon ;

-          Saint-Cyr ;

-          Et l’INSEAD.

On ne fait pas un PRES pour faire un PRES, mais pour offrir de nouveaux parcours aux étudiants. Dans le cadre de Sorbonne Universités, nous avons lancé deux projets. L’idée est toujours là même. C’est d’essayer de jouer de l’avantage d’être une université globale en agissant aux interstices, c’est-à-dire aux intersections des différentes disciplines, à la fois parce que c’est là que se trouve le plus grand potentiel en termes de recherche et de débouchés, et parce que c’est de cette façon que l’on peut rendre les études plus attrayantes pour les étudiants au lieu de les spécialiser à outrance dès la première année. Notre PRES a été approuvé en juin et nous avons ainsi créé, dès cette année, le Collège de la Sorbonne, qui regroupe toute une série de doubles licences qui permettent à la fois aux étudiants de se réorienter et qui correspondent à des besoins très précis du marché :

-          histoire/droit ;

-          droit/sciences ;

-          droit et histoire de l’art.

Nous avons aussi soumis, aujourd’hui même, dans le cadre du Grand Emprunt, notre projet d’Ecole Internationale de Droit des Affaires Sorbonne Universités, en partenariat avec l’INSEAD. En réalité, nous voulons créer un INSEAD du droit, entièrement tourné vers l’international, qui s’adresse  à la fois aux étudiants titulaires d’un M2 et aux professionnels déjà dans la vie active qui souhaitent acquérir la formation et le Diplôme de l’Ecole en formation continue. Les cours seront donnés en anglais par des professionnels et des professeurs d’Assas et de l’INSEAD, sur deux campus, un à Paris, l’autre à Singapour et ils iront de la finance et de la micro-économie à l’éthique des affaires, de la stratégie et de la comptabilité au droit comparé boursier ou de la concurrence ou des fusions-acquisitions. Les études seront complètement transversales et pluridisciplinaires, axées sur des études de cas et des sujets actuels et concrets. L’Ecole s’appuiera sur deux observatoires, l’un consacré aux régulations, l’autre à l’éthique et à la déontologie.

C’est en alliant les forces de la première université juridique française et de l’une des Ecoles de formation au management les plus réputées au monde que nous voulons relever le défi de la compétitivité et contribuer pour notre part a redonner sa vraie place au juriste d’entreprise. Une place au cœur de l’entreprise et de sa stratégie. Une place au cœur de notre pays qui doit s’ouvrir au monde et reconnaître le rôle du droit et des juristes d’entreprise, je le dis très clairement, s’il veut rester dans la course et échapper au déclin qui le menace.

Quel est le juriste souhaité par le marché ?

ven 11 mars, 2011

C’est un juriste qui parle parfaitement bien l’anglais, qui est donc capable de participer activement à un rendez-vous ou à une conférence téléphonique en anglais, qui manie tous les instruments modernes du knowledge management, qui ne se contente pas de connaître la loi, mais qui a de l’imagination juridique, qui trouve des solutions, qui a l’habitude de la discussion en groupe, qui sait convaincre et définir une stratégie et les moyens de la mettre en œuvre et qui est ouvert à d’autres domaines qui le droit stricto sensu (finances, gestion, comptabilité, stratégie, communication…)

L’inadaptation de l’organisation actuelle des études de droit n’est pas à la hauteur des défis

ven 11 mars, 2011

A mon sens, l’organisation actuelle des études de droit n’est pas à la hauteur des défis.

Un mot d’histoire. Les études de droit sont très anciennes puisque l’Ecole de droit et l’Ecole de médecine constituaient les deux écoles professionnelles de L’Université dès le Moyen-âge, les études de lettres et celles que l’on appellerait aujourd’hui de sciences constituant des cursus préparatoires à ces écoles professionnelles. On trouvait chez nous la distinction qui existe actuellement aux Etats-Unis entre le Collège qui conduit au Bachelor, et les écoles professionnelles américaine dont la Law School fait partie.

L’Université, monde assez traditionnel par ses structures, n’a pas toujours su répondre aux demandes de l’économie. Le pouvoir central a préféré, pour satisfaire à ces nouveaux besoins, créer des Ecoles extérieures à l’Université, chaque fois que la nécessité s’en faisait sentir. Cela a commencé avec le Collège de France, s’est poursuivi par l’Ecole des Ponts, encore sous l’Ancien Régime, puis Polytechnique, les Ecoles de commerce, l’Ecole Nationale d’Administration après 1945, et l’Etat a agi de la même façon, toujours top down, en organisant de grands instituts de recherche, comme le CNRS et beaucoup d’autres, à l’extérieur de l’Université. 

Tout ceci a conduit au résultat suivant :

-          la France ne place aucune université parmi les 10 premiers au classement de Shangaï alors que l’Angleterre en place deux ;

-          la France dépense aujourd’hui 9.000 euros par étudiant à l’Université, contre 14.000 euros pour un étudiant de classe préparatoire et 11.000 euros pour un lycéen ;

-          les grands organismes de recherche mobilisent 80% des budgets de recherche français ;

-          l’Université est devenue le réceptacle de tous ceux qui ne sont pas admis dans une autre filière sélective, ce qui se traduit à l’arrivée par un taux d’échec de 50% en moyenne en première année à l’Université. 

Les facultés de droit ont évidemment été victimes de ce mouvement : elles faisaient partie de l’Université. Cette dégradation du statut de l’Université a eu des conséquences très directes sur le contenu et les modalités de l’enseignement :

-          des amphithéâtres bondés, vous les avez vécus ;

-          des cours magistraux, avec très peu d’interactivité;

-          des cours exclusivement en français ;

-          souvent très abstraits ;

-          pas très proches des réalités ;

-          beaucoup de bachotage ;

-          peu de place laissée à l’innovation et à l’imagination ;

-          mais quand même, de très grands professeurs, vous en avez rencontré qui n’ont rien à envier à leur collègues étrangers  et qui, dans d’autres conditions, pourraient faire beaucoup plus, beaucoup mieux.

On le voit, le décalage est grand entre les besoins du marché, qui est devenu en plus international, et le modèle traditionnel de la faculté, qui souvent est obligée, par manque de moyens, de « bricoler », et qui, de façon générale, est trop peu ouverte sur l’étranger.

La réforme des études de droit, condition essentielle de la pleine reconnaissance de la fonction juridique dans notre pays

ven 11 mars, 2011

La réforme des études de droit est une condition indispensable à la pleine reconnaissance de la fonction juridique dans notre pays, quel que soit son mode d’exercice.