Les moyens des universités
mer 16 février, 2011Il est évident que les moyens de fonctionnement accordés en 2011 par le gouvernement aux universités (+3 % en moyenne) risquent d’en mettre certaines en difficulté.
Par ailleurs, je déplore le manque de dialogue et de transparence. En effet, la CPU n’a été ni consultée, ni associée aux arbitrages : il y a là un problème de méthode. Je pense que dans un contexte d’autonomie, il faut un dialogue préalable qui permette aux présidents, qui sont sur le terrain, de faire des propositions.
Beaucoup de budgets ont été arrêtés de façon mécanique, avec un minimum de 1,5%. Je souhaite vraiment qu’il y ait à l’avenir plus de transparence des données et du mode de calcul.
Les suites du Grand Emprunt
mer 16 février, 2011Parler au nom des universités, c’est traduire la spécificité de leurs missions, de leur histoire, de leurs moyens mais aussi leur nécessaire solidarité. Le risque des réformes actuelles est de construire un système universitaire à plusieurs vitesses, déconnecté des territoires.
Je défends l’idée que la création de quelques pôles d’excellence ne doit pas se faire au détriment des autres universités françaises, mais que les différents modèles d’universités doivent être conciliés, leur coexistence assurée sur tout le territoire et la création de réseaux d’établissements encouragée. L’excellence peut-être partout, y compris dans une université qui ne serait pas de taille mondiale comme le montre parfaitement l’initiative d’excellence allemande.
Interview par Hedwige Chevrillon sur BFM Business
dim 6 février, 2011
Interview de Louis Vogel, invité d’Hedwige Chevrillon dans le 12-15, le 13 janvier 2011 sur BFM Business
Hedwige Chevrillon : Vous êtes président de l’université du Panthéon-Assas, et vous venez d’être élu, une grande surprise, pour deux ans, à la tête de la conférence des présidents d’université. Quand je dis que c’est une grande surprise, c’est parce que ça fait très longtemps qu’un Parisien n’avait pas été élu à la tête de la CPU…
Louis Vogel : Ca fait une vingtaine d’années qu’il n’y en a pas eu. Il était temps qu’il y en ait un !
Mais vous arrivez à un moment extrêmement particulier : avec l’autonomie des universités, le grand emprunt, il y a des choix, des arbitrages, qui sont en train d’être faits. On va évidemment parler de tout ça. Juste un mot peut-être sur les vœux de Nicolas Sarkozy aux forces économiques. Il a dit »financer l’université, c’est vraiment au cœur de ce que l’on doit faire pour améliorer la compétitivité des entreprises de la France ». Vous vous sentez concerné ?
J’en suis persuadé. Le grand mot aujourd’hui c’est « économie de la connaissance ». La France entre dans l’économie de la connaissance. Si elle veut jouer un rôle, il faut absolument investir dans la recherche, dans les laboratoires, il faut faire vraiment des efforts pour arrêter la dispersion du système d’enseignement supérieur français. Vous savez que l’on est divisé entre universités, grandes écoles, organismes de recherches : il faut absolument que tout le monde travaille ensemble pour qu’on puisse vraiment jouer notre rôle sur la scène internationale.
88 % des universités sont maintenant autonomes, en l’occurrence 73 sur 83. Ce n’est pas un petit peu contradictoire de dire aux présidents d’université que c’est maintenant du chacun pour soi, et en même temps qu’il faut travailler ensemble ?
C’est du chacun pour soi, c’est relatif. L’autonomie ça veut dire qu’on décentralise la gestion, parce qu’on estime que dans une société complexe, une gestion décentralisée vaut mieux qu’une gestion centralisée, qu’on ne peut pas tenir au centre, que ça devient trop compliqué. Et donc c’est un nouveau mode de gestion des ressources. Est-ce qu’il faut faire du chacun pour soi : c’est le risque.
C’est le risque puisque toutes les universités doivent être en concurrence…
Justement, je pense que ce risque doit être tempéré par d’autres opérations. Vous savez qu’il y a un mouvement de regroupement qui est en cours, parallèlement au mouvement d’autonomisation des universités. On a créé les PRES : les Pôles de Recherche d’Enseignement Supérieur, qui tendent au contraire à regrouper des entités et à faire aussi que les grandes écoles participent à des ensembles plus vastes. Donc ce sont deux mouvements et c’est assez complexe ce qui est en train de se passer.
Je pense qu’il faut assurer une cohérence de tous ces mouvements sur l’ensemble du territoire, parce qu’il y a aussi un objectif national de maillage du territoire français, et il y a des universités de tailles très diverses, qui ont des fonctions très différentes, qui sont très importantes localement. Il faut faire que tout ça se fasse au bénéfice de tous. Donc c’est vrai qu’il va falloir veiller à ce que le mouvement d’autonomisation soit conjugué avec une sorte de mise en cohérence de l’ensemble, un peu comme ce que l’on a fait avec la régionalisation.
(…)
Les universités critiquent leurs moyens 2011 et veulent plus de transparence
dim 6 février, 2011
Les moyens accordés en 2011 par le gouvernement aux universités risquent d’en mettre certaines en difficultés et la méthode manque de dialogue préalable et de transparence, a déclaré jeudi à l’AFP Louis Vogel, président de la Conférence des Présidents d’Université (CPU).
« La CPU n’a été ni consultée, ni associée aux arbitrages, il y a un problème de méthode. Dans un contexte d’autonomie, il faut un dialogue préalable, pour que nous puissions faire des propositions », a déploré Louis Vogel.
« Beaucoup de budgets ont été arrêtés de façon mécanique, avec un minimum de 1,5%. Il faut absolument qu’il y ait à l’avenir plus de transparence, des données et du mode de calcul », a-t-il ajouté, en référence au fait que la moitié des universités ont connu une hausse identique de leurs moyens de fonctionnement, de 1,5%, correspondant à l’inflation prévue en 2011.
Sur le fond, Louis Vogel a salué le fait que les universités échappent toujours au principe du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, mais il a regretté que la hausse 2011 des budgets de fonctionnement soit la moitié de celle de 2010, « ce qui nous empêche d’exploiter toutes les possibilités du passage à l’autonomie ».
« Les moyens ont été répartis sans tenir compte des évolutions des effectifs et le risque est que certaines universités se trouvent en difficultés (financières) dans les mois qui viennent, a-t-il ajouté.
Les budgets des universités vont augmenter en moyenne cette année de trois pour cent, hors masse salariale et opérations immobilières, contre six pour cent l’an dernier.
Louis Vogel a enfin nié que la CPU ait conclu avec la ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, un « pacte oral » visant à ce que les universités dont la pyramide des âges entraîne des charges supplémentaires soient aidées par celles dont la pyramide est financièrement avantageuse.
« Il n’y a jamais eu de pacte oral, ni avec le bureau précédent (de la CPU), ni a fortiori avec le bureau actuel. Nous disons que la prise en charge de la masse salariale des universités doit relever de la responsabilité de l’Etat. Ce n’est pas la solidarité des universités qui va régler cela », a-t-il dit.
Président de Paris-2 Assas, Louis Vogel est à la tête de la CPU depuis un mois.
L’excellence pour toutes les universités
dim 6 février, 2011
« Les différentes initiatives en préparation – opérations Campus, Investissements d’avenir et surtout les Initiatives d’excellence -vont transformer la carte nationale de l’enseignement supérieur, c’est indéniable. A nous de préserver sa diversité. Les formes d’excellence peuvent être multiples : le fait de distinguer des pôles ne doit pas signifier qu’il ne puisse pas y avoir d’excellence ailleurs.
Nous sommes convaincus que celle-ci peut être partout, y compris dans des universités de taille petite ou moyenne, dès lors qu’elles ont adopté des stratégies qui font porter l’effort sur telle ou telle spécificité ou spécialisation. »




