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Dossier : L’université fait sa révolution

jeu 14 janvier, 2010 - Article lu 57 fois

Philippe Jacqué

Paris, combien de divisions ? Dans le mouvement général de regroupement des établissements supérieurs français, Paris « intra-muros » prend son temps. C’est que « Paris, c’est compliqué », soupire un ancien du ministère de l’enseignement supérieur. Avec 550 000 étudiants, l’Ile-de-France concentre un quart des étudiants (élèves des grandes écoles compris), et le tiers des doctorants français. Le tout sur vingt-cinq établissements publics, dont huit universités dans la petite couronne…
Dans son rapport « Pour rénover l’enseignement supérieur parisien », remis en octobre à la ministre de l’enseignement supérieur, Valérie Pécresse, Bernard Larrouturou, ancien directeur général du CNRS, estimait le supérieur parisien très « morcelé, avec de nombreux établissements de petite taille. (…) On peut ajouter que, si des coopérations nombreuses et riches existent «à la base», pour la formation et pour la recherche, il n’existe pas de coordination des établissements. Plus important encore, car ceci a des conséquences sur le plan intellectuel, pédagogique et scientifique : le dispositif est très cloisonné intellectuellement ». Conséquence, l’offre de formation est aujourd’hui illisible pour les étudiants.
Querelle de nom
A cette « balkanisation » institutionnelle, s’ajoutent des difficultés matérielles immenses. La ville manque de logements étudiants, de bibliothèques et de gymnases. Et qui dit rapprochement d’établissements, dit répartition différente des locaux. Or ces derniers sont dispersés, petits (40 % des sites universitaires font moins de 1 000 m2), et leur propriété est partagée entre l’Etat et la Ville de Paris.
Malgré cela, « la situation est en train de se décanter », remarque un président d’université parisien. Un premier projet rassemblera écoles et universités de sciences humaines (Paris-I, VIII et XIII) sur le nouveau campus Condorcet, à Paris-Aubervilliers. Plus formel, après des années, un premier pôle de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) a vu le jour, réunissant les universités Paris-III, V, VII et XIII, ainsi que Sciences Po et l’Inalco entre autres, sous le nom de Paris Cité (100 000 étudiants, dont 7 000 doctorants). « Un PRES, qui ne présage pas de fusion, mais avancera sur des projets communs en matière de vie étudiante, de recherche et de valorisation de la recherche », estime, confiant, Vincent Berger, président de Paris-VII.
De même, les universités Paris-II (droit), Paris-IV (sciences humaines) et Paris-VI (sciences dures) ont créé une association commune pour mener des projets en formation doctorale, formation continue, mais aussi pour créer un « learning center », sorte de bibliothèque high-tech commune pour ses 70 000 étudiants.
Problème, son nom, « La Sorbonne », est contesté, notamment par Paris-I – Panthéon-Sorbonne, qui souhaite aussi l’utiliser à l’avenir pour un regroupement éventuel avec divers grands établissements comme l’Ecole de hautes études en sciences sociales…
D’autres projets sont encore en discussion entre différents établissements parisiens. Mais certains pourraient rester à l’écart, à l’image de Paris-Dauphine ou Nanterre.

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