Que faut-il penser de l’Ecole de Droit de Sciences Po ?
Assas n’est pas opposé au principe de la création d’une Ecole de Droit à Sciences Po. Ce que nous déplorons, c’est la façon dont cela se passe. La vraie concurrence implique l’égalité de moyens or ce n’est pas le cas aujourd’hui : Sciences Po peut sélectionner ses étudiants et leur faire payer des droits d’inscription ce que ne peuvent pas faire les facultés de droit. En tout cas, nous ne nous contentons pas, contrairement à ce que suggère le directeur de l’Ecole de Droit de Sciences Po, de former « d’excellents techniciens », lui se réservant la formation des « futurs décideurs ». Nous n’avons pas attendu Sciences Po pour créer notre propre Ecole de Droit. Ainsi, notre Collège de Droit recrute, dès la 1ère année, des élèves titulaires soit du baccalauréat obtenu avec une mention TB, soit des bacheliers avec mention B ayant réussi un test. Ce Collège de Droit a pour objet de former, chaque année, des promotions de 120 étudiants (comme l’Ecole de Droit de Sciences Po) et il sera complété au niveau du M1/ M2 par une Ecole de Droit. La formation pluridisciplinaire et dispensée en petits séminaires, partiellement en langue anglaise, intègre un séjour à l’étranger et fait appel à des professeurs de la maison, à des professionnels et à des professeurs étrangers. On verra bien qui forme le mieux les juristes de haut niveau dont notre pays a besoin.
Une alternative aux solutions proposées initialement par le rapport Darrois.
En ce qui concerne les écoles professionnelle de droit, dont la création a été préconisé par le rapport Darrois, je pense que le principe est bon mais que la formule proposée aujourd’hui est mauvaise. Il est prévu que cette école soit placée au niveau M2, ce qui empêcherait nos étudiants, de s’inscrire dans les autres M2 offert par l’Université et de préparer ensuite une thèse. Je suis donc complètement opposé à la solution suggérée par le rapport. C’est pourquoi nous avons formé un groupe de travail avec le directeur de l’Ecole de la magistrature, Jean Francois Thony, le directeur de l’Ecole du barreau, Gérard Nicolaÿ et le directeur de la formation des notaires, François Carré, pour formuler une proposition alternative. L’école professionnelle de droit devrait se situer au niveau M1 et M2 et pourrait consister en des enseignements pratiques dispensés parallèlement aux enseignements de M1 et M2. Cette solution a l’avantage de ne pas porter atteinte à ce qui, aujourd’hui, marche bien, d’être « faisable » et de remplir les objectifs poursuivis par le rapport Darrois (formation en commun de tous les professionnel du droit) sans représenter un coût rédhibitoire. Comment envisage-t-on de financer ces écoles de droit ? Rien n’a jamais été dit sur le financement.





Monsieur le Président,
Ce qui, à mon sens, est plus problématique est le fait que chaque année, des universitaires se laissent tenter par un poste de vacataire dans les formations juridiques de l’IEP. C’est suite à une période d’enseignant vacataire que les Professeurs de l’IEP ont été recrutés.
Respectueusement
ps: Il est à noter que les enseignants statutaires de l’IEP enseignent exclusivement à Sciences Po. Il serait bon que l’on garde nos enseignants dans nos « maisons » pour éviter de nouveaux départs (qui me paraissent cependant inéluctables…)