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A la Une, vendredi 15 mai 2009, p. 1isation des épreuves en dehors de l’enceinte des universités bloquées « .
La crise universitaire, qui perturbe de nombreux campus depuis plus de trois mois, va-t-elle entraîner le bouleversement du calendrier universitaire ? Le premier ministre, François Fillon annonce, dans un entretien au Figaro du jeudi 14 mai, avoir demandé l’étude, là » où la situation est tendue « , d’un » report des examens en septembre et l’organ
Les préoccupations du moment ne concernent pas que les examens : existe-t-il une menace de désaffection d’une partie des universités ? Il y a quelques jours, le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche laissait entendre que les demandes d’inscription pour les universités Paris VIII et Paris-IV-Sorbonne, deux établissements en pointe dans la contestation, s’étaient effondrées respectivement de 50 % et de 25 %. Il s’appuyait sur les premières remontées du dispositif Internet Admission-postbac.fr, une nouvelle procédure d’inscription dans le supérieur.
Le Monde a mené l’enquête auprès d’une cinquantaine d’universités pour vérifier si la crise universitaire avait pesé sur les inscriptions.
Depuis cette année, tout lycéen de terminale souhaitant poursuivre des études devait, entre le 20 janvier et le 20 mars, déposer, via le portail Internet Admission post-bac, une liste de voeux pour les filières sélectives et les universités. Seules les tendances générales, qui font apparaître que l’université restait le premier choix des bacheliers des séries générales, ont été publiées par le ministère. Les intentions par universités, elles, ne sont pas rendues publiques.
A Paris IV-Sorbonne, la présidence ne veut pas réagir aux allégations du ministère selon lesquelles elle perdrait à la rentrée 25 % de ses effectifs, et rappelle que les lycéens peuvent modifier l’ordre de leurs voeux jusqu’au 6 juin. L’Université Paris VIII conteste, elle, la chute de ses inscriptions. » Les voeux prioritaires ne sont pas en baisse de 50 % mais sont au contraire en hausse de 10 % (3 380 demandes en premier choix en 2009 contre 3 060 en 2008) « , défend Julien de Saint Jores directeur de cabinet du président de Paris VIII. La différence tiendrait au changement de système d’inscription entre 2008 et 2009.
A l’université Sorbonne Nouvelle (Paris III) la présidence affirme que les chiffres sont bons : 3 717 lycéens se sont déjà portés candidats en premier voeu contre 3 420 en 2008, recensés par l’ancien système Ravel. » Contrairement à ce qui a pu être affirmé ici et là, la situation actuelle n’a nullement fait baisser les demandes d’admission des lycéens « , explique Marie-Christine Lemardeley présidente.
VISIBILITÉ
En province, où la procédure était encore différente, les établissements estiment qu’il est trop tôt pour tirer des conclusions. Certains même voient un biais dans la nouvelle procédure. » Admission post-bac a été calibré pour les filières sélectives, au détriment de la visibilité des universités, et la grande majorité des élèves place mécaniquement dans ses premiers choix des filières sélectives, par sécurité « , dénonce Achille Braquelaire vice-président de Bordeaux-I.
Qu’en est-il dans les universités des douze académies qui dès 2008 ont testé Admission post-bac ? Montpellier-III (Paul Valery) université très mobilisée contre les réformes, ne paraît pas subir de contre coup en termes d’attractivité : 1 883 personnes l’ont placée en premier voeu contre 1 935 un an auparavant. » Nous avons eu l’impression que l’image de l’université avait été un peu affectée – par le conflit – , souligne Charles Guérin, directeur du service d’information et d’orientation. Quand je vois ces chiffres, je constate qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter. » A Nantes, le nombre de lycéens pré-inscrits s’élève à 15 049, contre 16 589 pour la rentrée 2008. Une baisse qui n’est » pas significative « , estime Vincent Lang, un des vice-présidents. Pas d’effet crise observé à La Rochelle, qui d’ailleurs n’a pas été perturbée.
Quelques tendances se dessinent. L’attrait pour le droit, la médecine et les IUT, filières très encadrées, se confirme. A Lyon-I, en maths-informatique – une des UFR qui a connu la grève – la baisse est de 37 %. A contrario, en médecine les effectifs montent de 7 %. L’université de Lille-II a connu ces dernières années une évolution très positive, avec une augmentation moyenne de 20 % entre 2003 et 2006. » Nos filières sont plébiscitées et nous n’avons pas trop de problème pour remplir nos formations « , explique-t-on dans cette université centrée sur la santé, le droit et le sport.
A Paris-II (Panthéon-Assas), spécialisée en droit, économie, gestion, la demande a explosé notamment en droit : » 34 % de hausse des premiers voeux cette année contre 4 % d’augmentation en moyenne les années précédentes « , explique-t-on au service de la scolarité. L’université attribue son succès » à ses efforts pour faire connaître aux étudiants l’étendue et l’excellence de ses formations « .
La proximité avec les étudiants apparaît comme un bon moyen de résister aux secousses. A Paris-XIII, comme ailleurs, les demandes à l’entrée en IUT flambent : » 100 % d’augmentation « , constate Jean-Loup Salzmann, son président. Même chose en sciences. » C’est le fruit d’un travail de terrain de plusieurs années. Nos enseignants se rendent auprès des lycéens, ces derniers viennent dans les amphis « , poursuit le président.
PROXIMITÉ
L’université d’Evry, elle aussi en banlieue parisienne est sereine. » Avec tous les mouvements, la réputation de l’université n’est pas au plus haut, et j’étais inquiet « , avoue le président Richard Messina. On peut penser que nous conserverons nos effectifs. Nous avons une démarche d’orientation extrêmement active vis-à-vis des lycéens, que nous recevons tous les samedis. La bonne tenue des intentions d’inscriptions ne tient qu’à cela. »
Certains pensent qu’il est un peu trop tôt pour se réjouir. C’est le cas de l’université de Reims, qui a connu cette année de longues périodes de blocage en lettres, sciences humaines et sociales, et enregistre une baisse de 20 %. Elle craint sur son attractivité sur le long terme. » Les inscriptions ont débuté en janvier, au tout début du mouvement. Il faut attendre au moins un an pour voir les effets éventuels « , estime Guillaume Gellé, un des vice-présidents. A Lyon-II, les bons chiffres des pré-inscriptions ne suffisent pas à rassurer. » D’après ce que nous entendons sur le campus, nous craignons plus les départs vers une autre université d’étudiants de licence 2 et 3 qui ont vécu la grève. Les lycéens, eux, arrivent… « , rappelle l’université.
La bonne tenue des inscriptions peut aussi avoir d’autres explications. Les étudiants dans les premiers cycles privilégient souvent pour des raisons économiques ou familiales les universités de proximité. L’attractivité de certaines villes universitaires est parfois plus importante aux yeux des étudiants que le nombre de semaines bloquées. Enfin, les lycéens savent que les places sont comptées dans les filières sélectives. Image écornée ou pas, les universités ne devraient donc pas se vider brutalement l’année prochaine, même si depuis 2004, la tendance est à la baisse des effectifs (- 4,3 % en moyenne).









Monsieur le Président,
Cet article était accompagné d’une carte présentant l’évolution des effectifs d’étudiants entre 2004 et 2007, et qui classait Paris 2, avec une diminution de 13% des effectifs, dans les 10 universités de France présentant les plus fortes baisses.
Hors à la lecture de cet article, on pourrait penser que cette baisse est dûe à une faible attractivité. Est-ce le cas ou bien cette diminution peut elle s’expliquer par d’autres facteurs, notamment les travaux?
Merci
Cette diminution n’est pas due à une baisse de l’attractivité. Il s’agit, en effet, d’une baisse volontaire des effectifs accueillis du fait des travaux.
L’attractivité est, elle, en forte croissance sur la période : de 1661 1ers vœux en IDF en 2004 à 3 523 en 2009 en droit soit une augmentation de 112 %.
Par ailleurs, les effectifs de 1ère année n’ont pas baissé de 13% sur la période (mais de 4 %). Il s’agit sans doute d’une baisse sur l’ensemble des étudiants accueillis.