« Opération campus »: trois nouveaux projets déposés dans Paris
mar 17 février, 2009Trois projets de campus dans Paris intra-muros devraient être remis à Bernard Larrouturou dans les jours prochains. Ce dernier est en effet chargé de l’élaboration d’un schéma directeur de l’immobilier universitaire dans Paris (L’AEF n°107146), qui doit notamment permettre de choisir le dernier lauréat de l’ « opération campus ». Un audit du patrimoine de ces établissements a également été réalisé dans ce cadre (L’AEF n°107958).
Les universités Paris II (Panthéon-Assas), Paris III (Sorbonne-Nouvelle), Paris-IV (Paris-Sorbonne) et Paris-VI (UPMC) ont déposé un projet commun. Celui-ci doit en même temps servir de base à la constitution d’un PRES. « Nous sommes actuellement en train de rédiger les statuts. Nous n’avons pas encore décidé du nom, mais il reprendra terme ‘Sorbonne’ « , explique à l’AEF Louis Vogel, président de Paris II. Ce nouveau PRES rassemblera « 80 000 étudiants dont 20 000 étrangers », sur un « quadrilatère de 9 km² », précise un communiqué des quatre établissements. « Paris Universitas, dont nous sommes tous membres fondateurs, continuera d’exister », soutient cependant Louis Vogel. « Nous aurons un système à deux vitesses. » En effet, Paris-Dauphine, l’EHESS et l’ENS Ulm, également membres fondateurs de Paris Universitas, ne participent pas à ce nouveau PRES.
Par ailleurs, les universités Paris-Descartes (Paris-V) et Paris-Diderot (Paris-VII) et Sciences Po devraient déposer une note d’intention commune. L’université Paris-I (Panthéon-Sorbonne) sera associée, mais pas en tant que dépositaire officiel. « Nous ne pouvons pas être présents à la fois dans ce projet et dans celui de Condorcet à Aubervilliers », explique Pierre-Yves Hénin, président de Paris-I. « Nous devrions collaborer sur les aspects de vie étudiante. Cela me parait normal, dans la mesure où nous avons près de 15 000 étudiants dans le quartier latin. » Cette note doit aussi servir de base à la constitution du PRES Paris Centre Universités, auquel participera aussi Paris-I.
Enfin, un dernier projet rassemble, autour de l’ENS Ulm, le Collège de France, l’ESPCI, l’Observatoire de Paris, le Muséum d’histoire naturelle et Chimie ParisTech. Il est baptisé « Paris sciences et lettres, la montagne Sainte-Geneviève ».
Les Universités Panthéon-Assas, Sorbonne Nouvelle, Paris-Sorbonne, et Pierre et Marie Curie, membres fondateurs de l’Alliance Paris-Universitas viennent de déposer auprès de la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche un projet de PRES.
mar 17 février, 2009Ce projet sera soumis à l’approbation des Conseils d’administration des quatre universités partenaires. Il intègre les objectifs partagés de formation et de recherche des établissements concernés et a également pour ambition de conforter la cohérence territoriale et scientifique de l’ensemble universitaire constitué par quatre universités différentes mais prestigieuses par leurs performances de formation et de recherche, et dont les sièges principaux sont situés au cœur de Paris. En Lettres, Langues, Sciences, Sciences sociales, Economie, Gestion, Droit, Médecine, Ingénierie, il accueille près de 80 000 étudiants dont 20 000 étrangers. Plus de 25 000 étudiants y poursuivent des études de niveau master et 8 000 des études doctorales dans de nombreux laboratoires de recherche dont les deux tiers sont associés aux organismes de recherche. C’est l’ensemble universitaire français qui produit le plus grand nombre de publications dans toutes les disciplines. Il a ainsi vocation à renforcer la Sorbonne en tant qu’université globale de réputation mondiale. Sur un quadrilatère de 9 km2, de Jussieu à Assas via Censier, la Sorbonne et le Panthéon, le PRES, propose à cette occasion que soient engagées des opérations immobilières cohérentes, principalement axées sur la vie universitaire et la vie étudiante dans le cadre du plan campus.
Réaction à l’article du Figaro :
lun 16 février, 2009|
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Le Figaro, no. 20074
Le Figaro, jeudi, 12 février 2009, p. 9
ÉDUCATION Certains passent une partie du temps qu’ils devraient consacrer à la recherche à des activités privées ou à arrondir leurs fins de mois.Pech, Marie-Estelle
Un universitaire est pourtant censé livrer la moitié de son temps de travail à la recherche, l’autre moitié à l’enseignement. L’étude de la MSTP met en évidence le fait que certains ne font aucune recherche : ils dispensent leurs six à huit heures de cours hebdomadaires pendant les huit mois que dure l’année universitaire et consacrent le reste de leur temps à des activités privées ou à arrondir leurs fins de mois.
Le titre de certains éminents professeurs de droit sert surtout leur renommée d’avocats. Des enseignants d’économie peuvent être amenés à travailler comme conseil dans des banques… « On peut considérer que le salaire d’un enseignant-chercheur n’est pas très important quand il remplit son contrat mais beaucoup trop élevé quand il ne le remplit pas », estime ainsi Alain Neuman, ancien président de l’université Paris-XIII.
Un marché de dupes
Le décret de 1984 que les enseignants-chercheurs ne veulent pas voir évoluer permet un marché de dupes : ces derniers pas ou peu évalués, ont un statut figé et beaucoup d’autonomie. En contrepartie, ils sont sous-payés. Un maître de conférences qui débute à 1 700 eur net peut terminer sa carrière à 3 100 eur net. En voulant faire le ménage dans des situations parfois troubles, le gouvernement s’est risqué à bouleverser un très fragile équilibre…
La répartition des publiants et des non-publiants varie beaucoup d’une matière à l’autre : si seuls 19 % des enseignants-chercheurs des sciences dures (mathématiques, physique, chimie, sciences de la terre, sciences pour l’ingénieur) ne publient pas, ils sont 20 % dans les sciences de la vie (biologie, médecine, écologie) et 28,5 % dans le domaine des sciences humaines et sociales. Des chiffres que Jean-Robert Pitte, ancien président de l’université Paris-IV considère encore comme trop optimistes. Il estime à 40 % le nombre d’enseignants du supérieur qui ne publient pas. « C’est l’omerta, personne ne veut l’avouer mais c’est la réalité ! », fulmine-t-il. « Aucune sanction n’est possible. Personne ne peut les obliger à faire de la recherche et certains s’en donnent à coeur joie : ils se sont contentés de rédiger leur thèse. » Un enseignant dans une petite université du sud de la France avance même le chiffre de 52 % de non-publiants ! Dans celle de Grenoble-II, 40 % des enseignants-chercheurs ne le sont pas non plus, selon le compte rendu d’un conseil d’administration.
Sans compter, selon certains, qu’un enseignant est noté comme « publiant » après « peu d’articles » : est considéré comme « publiant » un enseignant qui a satisfait à un nombre minimal d’articles dans des revues reconnues, en général un à trois en quatre ans. Dans le secteur des sciences de la vie, alors que trois publications dans des journaux d’impact moyen suffisent pour une activité standard, une publication dans Nature ou Science permet de cataloguer l’enseignant comme publiant. Ce constat est à nuancer : « L’entrée dans la carrière est très sélective et les enseignants-chercheurs commencent souvent à 30 ans. Certains éprouvent donc le besoin de souffler, d’autant plus qu’ils ont à fabriquer leurs cours », explique le doyen d’un UFR de langue anglaise à Lyon. « À l’inverse, les plus âgés sont démotivés. Certains ont passé vingt ans à fouiller tel ou tel aspect de la linguistique anglaise et n’ont pas envie de se relancer dans une nouvelle recherche de longue haleine à quatre ans de la retraite. » Par ailleurs, note-t-il, les tâches administratives et pédagogiques lourdes comme l’aide à la recherche de stages ne sont absolument pas prises en compte dans leur temps de travail.
Cet article mérite un commentaire :
Je crois qu’il ne faut jamais exagérer dans la vie. Bien sûr, il y a des enseignants qui travaillent moins que d’autres, mais c’est le cas dans toutes les professions. Par ailleurs, la faculté de droit reste avant tout une école pratique. Etre avocat, c’est comme être chirurgien : il faut avoir opéré sur le terrain pour être performant ! Il est donc parfaitement normal que les professeurs de droit aient des activités professionnelles extérieures à l’université, à condition que celles-ci n’empiètent pas sur leur service. Dans un très grand nombre de cas, c’est indispensable car la pratique professionnelle permet de nourrir l’enseignement et réciproquement. Je pense qu’il convient d’éviter de mélanger les juristes avec les chercheurs des autres disciplines parce qu’en droit, la recherche fondamentale existe de façon très marginale. Par exemple, puisqu’on se réfère toujours aux écoles de droit américaines qui servent de modèle, il faut savoir qu’on n’y trouve pas de laboratoire, sauf à la marge, dans des domaines comme la théorie du droit, la philosophie du droit, la sociologie du droit. Autrement dit, lorsque le droit est étudié en synergie avec d’autres savoirs théoriques. Il ne faut pas vouloir transformer les juristes en scientifiques. Un des problèmes de la France, c’est que, trop souvent, on a mesuré l’activité des juristes à l’aune de critères qui n’étaient pas fait pour eux. En droit, « l’enseignement » joue un rôle plus important qu’en sciences et la « publication » un rôle très différent.
Statut des enseignants-chercheurs
ven 6 février, 2009Le projet de décret a soulevé de vives inquiétudes chez les enseignants-chercheurs et notamment chez les juristes. Ils craignent que leurs spécificités ne soient pas suffisamment prises en compte, en particulier dans les universités pluridisciplinaires dirigées par des non juristes. Dans le contexte de telles universités, attribuer tous les pouvoirs en termes de modulation de service et d’avancement aux organes de direction locaux peut conduire à des abus, si ces pouvoirs ne sont pas encadrés. Tout le débat aujourd’hui tourne autour des modalités de cet encadrement. Il est urgent qu’un débat s’instaure, au plus haut niveau, entre le ministère et les représentants des juristes et enseignants-chercheurs en sciences sociales, pour définir cet encadrement.
L’immobilier parisien
ven 6 février, 2009L’étude sur l’immobilier parisien avance à grands pas puisque monsieur Bernard Larrouturou a été chargé par la ministre d’établir un schéma directeur. Les présidents devront soumettre leur projet d’ici la mi-février. Pour la première fois, une certaine cohérence s’installe. On devrait donc aboutir à quelque chose de concret dans la mesure où apparaissent les trois éléments suivants :
1/ le projet d’établissement : que voulez vous faire de votre université ?
2/ le regroupement : avec qui voulez vous coopérer au sein d’un ensemble plus large ?
3/ les conséquences en termes d’immobilier et de vie étudiante : comment l’immobilier doit-il être restructuré en fonction de ces deux données préalables ?
Pour la première fois la séquence devient claire. C’est donc, je pense, une chance à saisir pour les universités.






