Le Point – la loi Pecresse à l’examen

jeu 15 novembre, 2007

France, jeudi, 15 novembre 2007, p. 36

Pierre-Henri Allain; Marie-Sandrine Sgherri

« C’est terrible ce qui est en train de se passer », soupire ce président d’université. Terribles, vraiment, cette contestation, d’autant plus radicale qu’elle est minoritaire, ces assemblées générales interminables où il est question de Gandhi, de la « convergence de toutes les luttes », bref, de tout, sauf des problèmes des étudiants ?

Terrible, cet appel dérisoire à bloquer les gares pour prêter main-forte à des cheminots, obligés de décliner ces renforts dont ils n’ont que faire ? Eh bien oui, terrible ! Car le mouvement ne faiblit pas. Pis ! les lycéens de la FIDL appellent à le rejoindre. Et quand des lycéens s’emparent de la rue, tout pronostic devient hasardeux. Résultat, les présidents d’université s’inquiètent. En 2006, ils avaient été très compréhensifs envers les étudiants déchaînés contre le contrat première embauche (CPE). Pas cette fois.

La loi Pécresse est une réforme qu’ils attendent depuis trop longtemps, la dernière chance peut-être, estime Louis Vogel, président de Paris-II, de « redresser l’université française, en passe d’être définitivement vaincue par la concurrence internationale ». Ils s’inquiètent d’autant plus qu’ils savent que la loi ne répond que partiellement aux problèmes de l’université et pas du tout aux préoccupations des étudiants : leur insertion professionnelle, l’échec en licence, leurs conditions de vie. Julie Coudry, présidente de la Confédération étudiante, soutient la loi que Valérie Pécresse a fait voter en juillet. Pourtant, elle appelle à la mobilisation : « Pour l’insertion, cette nouvelle mission de l’université, le gouvernement annonce 3 millions d’euros : même pas de quoi financer un observatoire des débouchés dans chaque université ! »

Le cabinet de la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche s’insurge : « On met 1,8 milliard sur la table, après vingt ans d’immobilisme. » C’est vrai. Il devrait aller l’expliquer aux assemblées générales…

Marie-Sandrine Sgherri (avec Pierre-Henri Allain)

© 2007 Le Point. Tous droits réservés.

Le premier cycle des Grands Débats d’Assas

ven 9 novembre, 2007

Paris, le 9 novembre

Le président de la République du Sénégal Abdoulaye Wade

a inauguré le jeudi 8 novembre 2007 le premier cycle des Grands

Débats d’Assas.

 

Ouvrir un espace de réflexion, discuter de manière constructive, encourager les échanges entre les sphères politiques, intellectuelles et universitaires : tels sont les objectifs des Grands débats d’Assas voulus par le président de l’Université Panthéon-Assas Paris II, Louis Vogel.

La conférence inaugurale a été donnée par un invité prestigieux, Monsieur Abdoulaye Wade, Président du Sénégal.

 

C’est au cours de cette conférence-débat, ouverte au public et prélude au deuxième sommet Afrique-Union européenne qui se tiendra à Lisbonne le 8 décembre prochain, que  le chef d’Etat sénégalais a évoqué les rapport entre l’Europe et l’Afrique ainsi que leur nécessaire refondation dans le nouveau contexte mondial.

Le Président Wade s’est entretenu avec les étudiants et les professeurs de l’Université Panthéon-Assas (Paris II), où il fut assistant de 1967 à 1968, sur le thème de L’alliance Europe-Afrique : des accords de partenariat économique (APE) aux accords de partenariat pour le développement (APD). Selon lui, il est urgent de « repenser un partenariat efficace et solidaire qui permette à ces deux continents de réagir face aux mutations sociales, économiques et politiques qui bouleversent les équilibres géostratégiques traditionnels ».

A l’issue de son exposé et d’une discussion avec le public à travers une séance de questions-réponses, le président du Sénégal a dédicacé son dernier ouvrage intitulé : Les mathématiques de l’analyse économique moderne.

Dans un amphithéâtre de 1000 places, comble pour l’occasion, Louis Vogel, président de l’Université Panthéon-Assas (Paris II) a dit sa fierté de recevoir le Président Wade: « un grand ancien de l’Université, un président pas comme les autres ».

La qualité de la conférence et le succès qu’elle a rencontré auprès des étudiants d’Assas et des professeurs se révèle d’excellent augure pour la suite. Car les Grands débats d’Assas, forts de cet engouement, seront l’occasion de dialoguer prochainement avec d’autres invités de marque.