Les universités dans la course aux fondations
ven 26 octobre, 2007
Compétences, vendredi, 26 octobre 2007, p. 16
Formation
JEAN-CLAUDE LEWANDOWSKI
Les premières fondations universitaires ont vu le jour. Elles pourraient contribuer au renouveau des universités. Même si les sommes collectées restent modestes.
Le conseil d’administration de Paris-II-Panthéon-Assas vient de voter la création d’une fondation.
Pour les universités, c’est un tournant majeur – même si on n’en mesure pas encore toutes les conséquences. En quelques mois, trois institutions universitaires viennent d’annoncer la création de fondations destinées à collecter les fonds des entreprises et des particuliers. Et plusieurs autres, encouragées par le vote de la loi sur l’autonomie, ne devraient pas tarder à les rejoindre. Une demi-douzaine d’IAE (Aix-en-Provence, Toulouse, Lille, Paris…), ainsi que Bordeaux-IV et Paris-IV, seraient en piste. « Un mouvement de fond s’amorce pour le mécénat en faveur de l’enseignement supérieur et la recherche », estime Frédéric Primault, délégué régional Bretagne de la Fondation de France.
La première à se dévoiler aura été l’université Claude Bernard-Lyon-I. Lancée officiellement en avril dernier, sa fondation a été créée par la structure de valorisation Ezus-Lyon-I, la Banque Populaire Loire et Sanofi-Pasteur (groupe Sanofi-Aventis). « Il s’agit d’accompagner l’université dans trois domaines : la professionnalisation, l’excellence et la citoyenneté, pour le plus grand bénéfice des étudiants et des enseignants », annonce Lionel Collet, le président. Celui-ci prévoit de monter des chaires, de favoriser « des interactions fortes avec les entreprises », et d’accorder des bourses à des étudiants en difficulté. La fondation pourrait aussi participer à des projets de recherche.
De son côté, l’IGR-IAE de Rennes a inauguré la semaine dernière sa fondation. Une première pour le réseau des IAE (instituts d’administration des entreprises). Placée sous l’égide de la Fondation de France, elle a vu le jour avec le soutien de cinq sociétés de la région : le Crédit Mutuel (groupe Arkéa), le groupe Beaumanoir, la Compagnie 360 Euro-RSCG, Repro-Conseil (groupe Konica-Mnolta) et les Thermes Marins. « Depuis notre création, il y a cinquante-deux ans, nous avons toujours été très proches des entreprises, en particulier au plan local, souligne David Alis, directeur général de l’institut. Beaucoup des patrons rennais sont d’ailleurs des diplômés de l’IGR. C’est un formidable atout que nous voulions utiliser. »
Enfin, il y a quelques jours, le conseil d’administration de Paris- II-Panthéon-Assas a également voté – dans l’enthousiasme général – la création d’une fondation. « Nous sommes dans le droit fil de la loi sur l’autonomie des universités. Les frais de scolarité n’augmentent pas : nous devons donc trouver ailleurs de nouvelles ressources », explique Louis Vogel, président de Paris-II. Un cabinet extérieur sera chargé du lancement, en trois étapes : audit des besoins, tour d’horizon des donateurs potentiels et, à compter du printemps, campagne de levée de fonds.
Des sommes modestes
Certes, les montants visés ne sont pas considérables. A Lyon-I, chacun des fondateurs s’est engagé à verser 350.000 euros sur cinq ans. A Rennes, la nouvelle structure devrait rapporter, dans un premier temps, environ 200.000 euros par an. Dans tous les cas, on est très loin des sommes collectées par certaines grandes écoles, dont HEC, la plus richement dotée – et encore plus éloigné des pactoles amassés par quelques grandes universités anglo-saxonnes. Pas de quoi, donc, bouleverser l’équation budgétaire des institutions. Reste que, même limité, l’apport des fondations va leur permettra de lancer de nouvelles initiatives. L’IGR de Rennes prévoit ainsi d’instaurer un système de primes pour ses enseignants-chercheurs qui publient dans des revues de haut niveau ; de rendre le TOEIC (1) obligatoire et gratuit pour ses étudiants ; de financer des stages à l’étranger, ou encore d’accorder des bourses. A Assas, le président envisage d’utiliser la manne pour « moderniser » son enseignement et sa recherche, offrir des bourses à des étudiants. Un centre de droit des affaires ouvert aux entreprises est également à l’étude. Sans compter qu’il s’agit d’un début et que rien n’interdit une montée en puissance ultérieure.
Liens avec les entreprises
Mais l’essentiel est ailleurs. Car, au-delà de la manne supplémentaire ainsi collectée, la création d’une fondation présente pour les universités un double intérêt. En ciblant en priorité les entreprises, elle incite ces dernières à s’intéresser davantage aux universités. A se pencher sur l’offre de cours, sur le fonctionnement de l’institution, sur le profil des diplômés. Et à se montrer plus exigeantes. Autrement dit, une fondation peut contribuer fortement à intégrer l’université dans la communauté des affaires. De quoi permettre aux facultés de se poser en concurrentes des grandes écoles, traditionnellement plus proches de l’entreprise.
La soirée de lancement de la fondation de l’IGR-IAE de Rennes, la semaine dernière, réunissait ainsi le gratin du patronat local, dans un élan de solidarité autour de « son » institution. « L’aspect financier n’est pas prioritaire. Nous voulons avant tout faire de cette structure un lieu de rencontre et de synergie avec les entreprises », indique Patrick Reffait, le délégué de la fondation rennaise. « Nous n’attendons plus que l’argent arrive, nous allons chercher les ressources. Cela va nous obliger à prendre des initiatives en direction des entreprises et des cabinets d’avocats, note de son côté Louis Vogel. Et donc à évoluer. » Second impact potentiel de la fondation : elle peut modifier le regard des étudiants eux-mêmes sur leur institution et sur leur scolarité. Alors qu’ils sont habitués à la quasi-gratuité, elle peut leur faire prendre conscience que l’enseignement supérieur a un coût pour la collectivité et qu’il joue un rôle clef dans les circuits économiques. Voire les rendre plus attentifs à la qualité de l’enseignement qui leur est dispensé. A ce double titre, le décollage des fondations peut contribuer de façon importante au renouveau des universités.
JEAN-CLAUDE LEWANDOWSKI
Grandes écoles – Universités La lutte des classes
lun 22 octobre, 2007CAHIER SPECIAL, lundi, 22 octobre 2007, p. 2, 3, 4
Jeunes diplômés Formation
La concurrence reste rude entre ces deux mondes, même si des partenariats commencent à se mettre en place.
SOULE Véronique
Depuis qu’il a passé le bac, Thibault, 25 ans, a toujours navigué entre grande école et université. Pour faire plaisir à ses parents, il commence par une prépa HEC. «Mais c’était trop intensif et en même temps superficiel», dit-il. Il laisse tomber au bout d’un an. Puis il s’inscrit à la fac en double cursus histoire et philo. Il ne garde en master que l’histoire, sa passion depuis l’enfance. «Mais je ne voulais pas devenir prof, archiviste ou historien.» Alors il part un an à Brighton, en Angleterre, travailler sur les rapports franco-britanniques sous de Gaulle, avec le programme européen Erasmus. En rentrant, il achève son master par un semestre à HEC grâce à un partenariat avec son université, Paris-4.
Aujourd’hui, Thibault vient de signer un CDI comme consultant chez PriceWaterHouse Cooper (PWHC), dans le cadre de l’opération Phenix : sept grandes entreprises s’engagent, à titre expérimental, à embaucher une trentaine de jeunes diplômés en sciences humaines et sociales. Passer de l’histoire à l’audit peut surprendre, mais Thibault est ravi : «Ce sera varié et itinérant, j’aurai à voyager en France ou à l’étranger, et il y aura une part d’inventivité.»
Alors que l’université tente de se réformer pour devenir plus compétitive, la question de ses rapports avec les grandes écoles se trouve à nouveau posée. Outre ses missions de recherche et de formation, l’université doit désormais s’occuper d’insertion professionnelle. Mais en a-t-elle les moyens ? Mal financée et souvent mal logée, elle doit accueillir tous ceux qui se présentent, tandis que les classes prépa sélectionnent et raflent les «meilleurs», une élite qui ira tout droit dans les grandes écoles dans les plus prestigieuses pour les mieux classés, dans des établissements moins cotés pour les autres .
A priori, il s’agit d’une lutte à armes inégales. Des dispositifs ont bien été mis en place pour limiter la casse à l’université comme «l’orientation active», un système de pré-inscriptions. Mais ils sont rares. La licence, particulièrement sur ces deux premières années, demeure le point faible. En revanche, l’université reste très bien placée au niveau des masters, sans parler de la recherche, où elle est incontournable avec son réseau unique de laboratoires.
Dans son bureau tout neuf des Grands moulins, à côté de la Bibliothèque François-Mitterrand, Jean-Louis Colin, vice-président de Paris-5 Descartes, souligne la «communauté d’intérêts» entre universités et grandes écoles : «Nous avons des assises très fortes dans la recherche, elles en ont dans les milieux de l’entreprise.» Il dirige le master de sciences et génie de l’environnement, cohabilité avec Paris-7, Paris-12 et l’Ecole nationale des Ponts et Chaussées. Cent étudiants sont inscrits en première année, autant en deuxième. La spécialité actuellement la plus recherchée est la sécurité environnementale des entreprises.
«C’est un partenariat qui fonctionne bien dans les deux sens, souligne Jean-Louis Colin. Les Ponts et Chaussées sont venus pour la recherche : ils ont des labos, mais pour la formation des chercheurs, ils doivent aller chez nous. Leurs ingénieurs maison sont ainsi presque tous inscrits en deuxième année de master recherche (30 % des effectifs, 70 % étant en master professionnel). Nous, en contrepartie, on a accès à des cours aux Ponts et Chaussées [à Marne-la-Vallée, ndlr], notamment sur l’eau, où ils sont très forts. Du coup, vis-à-vis de l’extérieur, notre master gagne en reconnaissance, c’est une carte de visite.»
Le partenariat entre l’une des plus grandes universités de France plus de 20 000 étudiants et les prestigieux Ponts et Chaussées est un exemple particulier. A une échelle plus modeste, des établissements de province pratiquent pourtant aussi cette complémentarité.
A l’Ecole supérieure de commerce (ESC) d’Amiens, par exemple, les enseignants chercheurs travaillent avec les équipes de l’université de Picardie, qui ouvre sa bibliothèque à l’Ecole. Dans l’autre sens, l’ESC qui compte 700 élèves répartis sur trois années, recrutés à bac plus deux ou trois, ou après un BTS dispense des modules de professionnalisation aux étudiants. Un double diplôme de gestion et sciences politiques vient aussi d’être créé en commun.
«L’avantage des écoles est qu’elles sélectionnent à l’entrée, sont plus petites et proches des entreprises, résume Roger Davis, le directeur délégué de l’ESC d’Amiens, mais l’université apprend vite, elle noue des liens avec les entreprises et sélectionne aussi, mais plus tard.»
Dans des secteurs comme la gestion, le commerce ou l’ingénierie, on assiste à une concurrence ouverte et souvent rude. Les écoles font valoir leur meilleure connaissance du monde professionnel, et leurs capacités d’insertion. Les universités développent les stages et les études en alternance. Mais elles n’ont pas toujours les structures pour le faire. Elles multiplient aussi les licences professionnelles, très prisées. Et dans les licences générales, elles commencent à introduire des modules de «pré-professionnalisation».
A côté des IUT (Institut universitaires de technologie), très recherchés et qui sélectionnent après le bac, elles abritent aussi tout un réseau d’écoles assez mal connues et dont certaines assurent pourtant tenir la dragée haute à leurs rivales privées. Les IAE (Instituts d’administration des entreprises), créés en 1955 ils sont une trentaine aujourd’hui , proposent des masters de gestion, ressources humaines, finances, etc. Il y a aussi les écoles d’ingénieurs les INSA (Instituts national de sciences appliquées) et les Instituts polytechniques universitaires (IPU), qui regroupent des écoles de sciences, d’informatique, etc.
Mais lorsqu’elles organisent des journées portes ouvertes, on ne s’y presse pas. «Les étudiants maintenant veulent des marques, et l’université ne sait pas valoriser sa marque, elle noie tout, explique Henri Denan, directeur de l’IAE de Toulouse. Elle doit apprendre à communiquer.»
A l’université Toulouse-1, l’IAE fait pourtant le plein, avec 2 000 étudiants. L’institut s’engage à insérer les étudiants à la sortie. Et dispose d’un important service de stages, chose rare à l’université. «Environ 30 % d’une promotion a un emploi dès sa sortie, se félicite Henri Denan. 67 % est en CDI au bout de six mois, 75 % au bout de neuf mois.» Son principal concurrent est Supdeco Toulouse. «Mais nous avons un avantage majeur : le prix du service public. Chez nous, les étudiants paient 900 euros par an, dix fois plus à Supdeco.»
Alors que l’on parle volontiers du monde clos de l’université, la réalité apparaît ainsi plus nuancée. «L’université a plus bougé que les grandes écoles, remarque Jean-Louis Colin, elle a dû faire de gros efforts avec la massification, tout en maintenant son excellence en master, alors que la recherche repose sur elle.»
Dans les sciences humaines et sociales, les universités et les écoles normales supérieures (ENS) ont une longue tradition de collaboration. Une partie des études des normaliens se déroulent à la fac. Sciences-Po, elle, recrute après le bac sans passer par les prépas mais en sélectionnant elle-même. Et elle a ouvert, en 2001, une voie d’accès particulière aux lycéens des quartiers défavorisés.
En lettres, la recherche et l’enseignement, débouchés naturels, traversent une période délicate, entre remise en question des statuts et suppressions de postes. L’expérience Phenix est microscopique, mais illustre le pouvoir de séduction du modèle anglo-saxon : «Lorsque les entreprises viennent embaucher à Oxford, elles ne regardent pas la discipline mais le profil de la personne. Un latiniste est devenu responsable de l’Afrique chez PWHC », explique Bernard Deforge, professeur à l’université de Caen et spécialiste de mythologie antique, associé chez PWHC. Des personnalités formées différemment, hors du moule des écoles, peuvent aider à trouver d’autres solutions.»
En cette rentrée 2007, Louis Vogel, le patron de Paris-2 Assas, qui s’insurgeait avant l’été contre la création par Sciences-Po d’une école de droit, est très combatif. «Il y a concurrence avec les grandes écoles et nous allons gagner : en raison de sa taille, seule l’université peut se hisser au plus haut niveau mondial.» A la tête de la plus prestigieuse fac de droit de France, Louis Vogel joue, il est vrai, sur du velours.
«Nous avons à apprendre des grandes écoles qui vivent grâce à leurs réseaux», poursuit-il. Assas va ainsi publier son premier Annuaire des anciens, qui sera «l’outil de base de l’insertion». Elle ouvre aussi des écoles, comme le collège européen de Paris-2, qui regroupera toutes ses formations en droit européen. Un master en anglais est aussi créé pour les étrangers, avec un diplôme qui veut rivaliser avec Cambridge et des frais de scolarité de 10 000 euros par an. Une école de droit et de management se met en place pour concurrencer les grandes écoles de commerce.
Derrière les stratégies, il y a souvent un non-dit : le mal que font les classes prépa au premier cycle universitaire. «Tout le système français dit aux élèves : « Faites une prépa, et seulement si vous n’y arrivez, allez à l’université. »», résume un universitaire. Il reste encore à changer les mentalités.
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L’université d’Assas fait peau neuve et crée sa fondation d’entreprise
lun 15 octobre, 2007France, lundi, 15 octobre 2007, p. 2
Enseignement supérieur
Le président de l’université d’Assas, Louis Vogel, le reconnaît volontiers : la concurrence est rude dans le secteur du droit. Mais les rivales potentielles de la prestigieuse fac de droit parisienne ne s’appellent pas seulement Harvard ou Yale. Ces dernières années, Sciences po, HEC ou l’ESCP-EAP ont également investi ce domaine. Comment leur tenir tête ? En utilisant leurs armes, a répondu en substance le président de Paris-II, présentant jeudi dernier un plan de réforme « offensif » qui pourrait bien donner à Assas de faux airs d’université anglo-saxonne.
Visibilité internationale
A l’instar des grandes écoles, l’université regroupe ses cursus pour gagner en visibilité internationale : un « collège européen » vient d’ouvrir – à un jet de pierre de Sciences po -, qui regroupera trois masters et un cursus spécifique destiné aux Américains ; une école de marketing est créée avec Paris-I ; une école de droit et de management délivrera dès septembre 2008 un MBA concurrent de celui d’HEC. « Nous perdons beaucoup d’étudiants car nous n’offrons pas ce double diplôme droit-management pourtant très recherché par les entreprises », constate Louis Vogel. Paris-II n’est pas peu fier d’afficher un taux d’insertion professionnelle en master qu’elle dit « aussi bon que ceux de Sciences po » (68 %).
Mais, reconnaît son président, « beaucoup reste à faire » pour professionnaliser les cursus de ce qui demeure malgré tout un mastodonte universitaire (18.000 étudiants). Avant de revoir la maquette des diplômes, l’université proposera cet automne à ses étudiants de maîtrise de se muer en consultants juridiques, sous la houlette du barreau de Paris, suivant le modèle des « clinicals » américains. Et comme les grandes écoles, elle veut pouvoir s’appuyer sur un solide réseau d’anciens élèves… quitte à céder à la mode anglo-saxonne de la remise des diplômes en organisant une soirée des « majors ».
Pour l’heure, la présidence affirme que cette petite révolution ne lui coûtera pas grand-chose. Mais si Assas n’est pas pauvre, elle sait aussi qu’il lui faudra trouver de nouvelles ressources pour assumer des projets plus ambitieux – comme une implantation en Chine. Profitant de l’opportunité créée par la loi université, le conseil d’administration vient donc de voter la création d’une fondation destinée à recueillir les dons des entreprises et des particuliers (qui bénéficieront de réductions fiscales) sur des projets qui restent à définir – un centre de droit des affaires, des chaires, des bourses.
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Assas copie les grandes écoles
ven 12 octobre, 2007PARIS, vendredi, 12 octobre 2007, p. 5
Université
Violette Lazard
IL N’AURA pas attendu le mois d’août et le vote de la loi sur l’autonomie des universités pour s’y mettre. Le président de l’université de droit Paris-II Panthéon-Assas, Louis Vogel, a décidé depuis son arrivée il y a un an de mettre sa fac à la page. Développer les liens avec le monde de l’entreprise, moderniser les locaux, ouvrir des sections utiles, c’est sans complexe que Louis Vogel affiche son ambition : « Concurrencer les grandes écoles. » « C’est vrai que nous n’avons pas l’habitude de penser de la sorte, explique-t-il. Mais il suffit de regarder les établissements prestigieux et de les copier ! » Cours magistraux en ligne. En plus des 47 bornes wi-fi déjà installées sur les différents sites de l’université, Paris-II donne cette année des adresses e-mail personnelles à tous ses élèves. Autres nouveautés : entre dix et quinze cours magistraux vont être mis en ligne. Maison du droit. Reproche fréquemment adressé aux universités : assommer les étudiants de cours théoriques sans les préparer au monde réel. Panthéon-Assas a donc décidé de lancer deux nouvelles initiatives. Une maison du droit, qui recevra dès le 20 novembre au sein même de la fac des particuliers souhaitant obtenir des renseignements juridiques. Des élèves de master 1 – en quatrième année – accompagnés d’avocats du barreau de Paris leur répondront. Un concours de plaidoirie sera également organisé cette année. Créer un « esprit d’école ». Ce qui différencie HEC ou l’ENA d’une simple université ? Un esprit d’école qui permet aux nouveaux de connaître les anciens et de se constituer en réseau. C’est ce que Paris II cherche à développer, en lançant cette année des journées d’intégration pour les arrivants, des cérémonies de remise de diplôme et même une grande soirée des majors le 29 novembre, parrainée par le directeur de TF 1, Nonce Paolini. Trois nouveaux centres prestigieux. Pour concurrencer les écoles qui lancent des cursus juridiques, Paris-II lancera trois nouvelles structures à la rentrée 2008 : un collège européen rue Saint-Guillaume, juste en face de Science-po, qui accueillera une trentaine d’élèves en master de droit européen, une école de droit et de management et une école de marketing.
Louis Vogel veut installer un « esprit d’école » à l’université Panthéon-Assas
jeu 11 octobre, 2007
Dossier d’actualité
- Cette dépêche fait partie du dossier d’actualité suivant :
- La loi sur les universités
L’université Panthéon-Assas (Paris-II) vient de charger un groupe de travail « représentant l’ensemble des composantes » de rédiger les nouveaux statuts de l’établissement dans le cadre de la loi LRU. C’est ce qu’indique son président, Louis Vogel, ce jeudi 11 octobre 2007, lors d’un bilan de sa première année de mandat. Le texte du groupe de travail sera ensuite soumis à l’ensemble des personnels, enseignants et étudiants de l’université avant d’être voté par le CA au mois de janvier. Louis Vogel estime que le futur CA devrait passer de 60 membres aujourd’hui à 30 membres. Les trois conseils de l’établissement devraient être renouvelés « au printemps ».
Le président de Paris-II a par ailleurs présenté l’ensemble des projets que l’université met en place pour la rentrée 2007. « Nous n’avons pas attendu la loi Pécresse pour prendre notre autonomie », assure Louis Vogel.
ÉTUDIANTS. « Nous devons développer un esprit d’école, pour que les étudiants se sentent partie prenante de nos projets », déclare Louis Vogel. Pour y parvenir, l’université ira plus loin que la « traditionnelle journée d’accueil et d’information ». Une « semaine du stress » sera organisée du 3 au 7 décembre. Financée par les deux entreprises qui réalisent les travaux de rénovation du Centre Assas (L’AEF n°67059), cette semaine permettra l’organisation d’expositions, d’ateliers, de conférences ou encore de cours de yoga pour aider les étudiants à gérer leur stress. Autre nouveauté: l’organisation d’une « soirée des majors », rassemblant pour une remise de diplôme les majors de tous les masters de l’établissement, leurs familles, leurs amis, le recteur de Paris, des représentants du ministère… L’événement sera parrainé par Nonce Paolini, directeur général de TF1, annonce Louis Vogel.
MAISON DU DROIT. Le 20 novembre, l’université lancera sa « maison du droit » avec l’appui de l’ordre des avocats de Paris. « Il s’agira d’un système de consultations juridiques gratuites réalisées par des étudiants de master 1 pour des personnes extérieures », explique Louis Vogel. Les étudiants seront encadrés par des avocats et leurs travaux seront intégrés à leur cursus. « Il s’agit de leur montrer ce qu’est la pratique du droit, comme cela se fait aux États-Unis. »
COLLÈGE EUROPÉEN. Louis Vogel a décidé de rassembler trois masters de droit européen dans un même bâtiment, rue Saint-Guillaume (7ème). Ils prennent le nom de « collège européen de Paris ». « Là-bas les enseignants disposeront de bureaux et il y aura une bibliothèque de 50 000 ouvrages à disposition. » Le président de Paris-II veut s’inspirer des méthodes du collège européen de Bruges, où il a été enseignant. À la rentrée 2008, Paris-II se dotera en outre d’un LLM (« master of laws ») en droit européen, entièrement en langue anglaise. il accueillera une quinzaine d’étudiants américains et anglais. « Ces étudiants seront dispensés de droits d’inscription et en échange nos étudiants seront accueillis dans des universités anglo-saxonnes », détaille Louis Vogel.
DROIT ET MANAGEMENT. Paris-II se dotera d’une « école de droit et de management ». Concrètement, un MBA (master of business administration) en formation continue ouvrira « début 2008″ et en formation initiale en septembre 2008. « Les écoles de commerces ou les IEP veulent monter des diplômes en droit. Je les comprends. Et bien nous faisons l’inverse, c’est-à-dire du management pour juristes et pas du droit pour managers », assure Louis Vogel, qui revendique une « stratégie offensive ».
INSERTION PROFESSIONNELLE. « Il n’est absolument pas dans la tradition de l’université de s’occuper de l’insertion des ses étudiants », remarque Louis Vogel. « Il y a un retard à rattraper, mais ce n’est pas du tout hors de portée », assure-t-il. Pour progresser, « nous avons le modèle des grandes écoles qui ont peaufiné des méthodes ». Louis Vogel estime que désormais, il faudra « définir tous nos diplômes en fonction du taux d’insertion ».
TICE. Paris-II lance les « grands cours d’Assas ». Il s’agit de podcasts audio de « 10 à 15 cours donnés par des enseignants volontaires ». Ce système « aux potentialités énormes va changer complètement les méthodes pédagogiques », prévient Louis Vogel. À terme, des TD (travaux dirigés) devraient aussi être disponibles. Ces contenus seront « uniquement accessibles aux étudiants de l’université pour éviter les conflits sur les droits d’auteurs avec les éditeurs ».
FONDATION. Le CA de l’université a voté le principe et les modalités de la mise en place d’une fondation partenariale, prévue par la loi LRU. Une association de préfiguration va être mise sur pied et un audit des besoins et des projets possibles sera menée par un cabinet extérieur. Puis un tour des donateurs potentiels sera réalisé. L’université se donne ensuite 10 mois pour collecter des fonds.
Contact : université Panthéon-Assas (Paris-II), Marine Bollack, Attachée de presse, 01 44 41 56 13, marine.bollack@u-paris2.fr







